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25 mars 1802 : la paix d’Amiens

Le traité n’empêchera pas la reprise des hostilités avec l’Angleterre jusqu’à la défaite ultime de la France en 1815

25 mars 1802 : la paix d’Amiens La Paix d'Amiens par Jules-Claude Ziegler (1853).

Par Jean-Marc Daniel

Lorsque Napoléon Bonaparte s’empare du pouvoir en novembre 1799 et devient Premier consul, ses soutiens comptent sur lui pour conclure une guerre qui a commencé au printemps 1792. En 1799, les adversaires les plus déterminés des Français sont les Autrichiens et les Britanniques. Bonaparte veut négocier mais il est convaincu qu’il doit le faire en position de force, c’est-à-dire après une victoire militaire. Ayant déjà défait l’armée autrichienne en 1796-1797 durant la campagne d’Italie, il se porte au-devant d’elle.

La frontière jusqu’à l’embouchure du Rhin

Il remporte le 14 juin 1800 une victoire décisive à Marengo, dans le nord de l’Italie. Résultat, l’Autriche signe le 9 février 1801 un traité de paix avec la France à Lunéville, dont l’aspect le plus important est l’abandon par Vienne des Pays-Bas autrichiens (l’actuelle Belgique) qui deviennent des départements français. Cela porte la frontière nord de la France aux rives du Rhin jusqu’à son embouchure. Dans la foulée, le Royaume de Naples et la Russie signent des armistices avec la France. Isolés, les Britanniques doivent se résoudre à engager des pourparlers de paix. Leurs plénipotentiaires s’installent à Amiens le 5 décembre 1801. Et le 25 mars 1802, le texte d’un traité est approuvé par le chef de la délégation britannique, le général Charles Cornwallis, et par le chef de la délégation française qui est Joseph Bonaparte, le frère aîné du Premier consul. La signature effective a lieu dans l’hôtel de ville d’Amiens le 27 mars.

L’article 1er du traité stipule :

“Il y aura paix, amitié et bonne intelligence entre la République française, sa majesté le roi d’Espagne, ses héritiers et successeurs, et la République batave d’une part, et sa majesté le roi du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et d’Irlande, ses héritiers et successeurs, d’autre part.
Les parties contractantes apporteront la plus grande attention à maintenir une parfaite harmonie entre elles et leurs États, sans permettre que, de part ni d’autre, on commette aucune sorte d’hostilité par terre, ou par mer, pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce puisse être.
Elles éviteront soigneusement tout ce qui pourrait altérer à l’avenir l’union heureusement rétablie, et ne donneront aucun secours ni protection, soit directement, soit indirectement, à ceux qui voudraient porter préjudice à aucune d’elles.”

“Dès la signature du traité, une partie de la classe dirigeante anglaise dénonce une paix honteuse et souligne la menace que fait peser sur le Royaume-Uni la présence française à Anvers”

Mais, très vite, il est un sujet, passé sous silence à Amiens sous prétexte qu’il a été réglé à Lunéville, qui refait surface. Il s’agit du fait qu’Anvers est chef-lieu du département des Deux-Nèthes… Dès la signature du traité, une partie de la classe dirigeante anglaise dénonce une paix honteuse et souligne la menace que fait peser sur le Royaume-Uni la présence française à Anvers. Après avoir tergiversé, le 11 mai 1803, Londres rappelle son ambassadeur à Paris. Le 18 mai 1803, les hostilités reprennent jusqu’à la défaite ultime de la France en 1815 qui éloigne définitivement sa frontière nord de la rive gauche du Rhin.

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