91 - Agriculture

À Lisses, NeoFarm marie agroécologie et technologie

Passant de l’expérimentation à la grande production, la ferme maraîchère innovante automatisée vise 1 300 tonnes de production par an

À Lisses, NeoFarm marie agroécologie et technologie © Neofarm

Avec l’ouverture d’une ferme à Lisses, dans l’Essonne, l’entreprise NeoFarm et son projet d’innovation maraîchère passent à une nouvelle échelle : 25 hectares, au lieu de 2 ha dans les sites expérimentés jusqu’ici. “Notre modèle, que nous testons depuis sept ans, consiste à réaliser des fermes agroécologiques avec un impact environnemental très vertueux, à produire de manière importante tout en assurant une pénibilité réduite pour les fermiers”, explique d’emblée Thibault Millet-Taunay, directeur général de l’entreprise.

Sur l’exploitation de Lisses, l’objectif est cette fois de produire 1 300 tonnes de 25 légumes différents, ce qui représente l’équivalent de la consommation de 8 000 personnes pendant un an. Pour y parvenir, une trentaine de maraîchers ont été recrutés en CDI. Mais pour pouvoir vraiment booster sa production, Neofarm s’appuie sur la technologie. “Nous avons développé une technologie propriétaire qui repose sur deux outils. Un logiciel va permettre de gérer la planification des cultures, les stocks et de commercialiser la production, détaille le directeur général. Le second est mécanique. Il s’agit d’un portique robotisé, équipé d’un porte-outils et qui se déplace sur rail. Il va s’occuper d’une grande partie des tâches les plus pénibles : le travail au sol, le semis, les plantations… ce qui permet aux maraîchers de se concentrer sur des tâches à valeur ajoutée comme l’entretien des cultures, la récolte, la taille…”

Une culture sous serres

Thibault Millet-Taunay l’assure : “cette technologie permet de déployer une agriculture très vertueuse avec moins de contraintes de main-d’œuvre, car lorsque vous êtes en culture bio en agroécologie, vous avez besoin de beaucoup de personnes. L’agroécologie nécessite en effet de respecter les structures du sol, d’utiliser les ressources naturelles pour avoir un impact mineur sur les écosystèmes environnementaux au sens large”.

NeoFarm espère bien à terme fournir la restauration collective. “L’objectif est que les légumes produits localement soient consommés localement.”

L’autre particularité de la ferme est une culture 100 % sous serres. “La productivité y est beaucoup plus forte. La serre permet de gérer les aléas climatiques, qui sont de plus en plus fréquents et de plus en plus intenses”, observe le responsable. Neofarm espère bien fournir à terme la restauration collective. “L’objectif est que les légumes produits localement soient consommés localement, indique Thibault Millet-Taunay. Les cantines sont très friandes et en attente de ce genre d’approvisionnement. Nous passerons sans doute par des intermédiaires, comme les acteurs de la restauration du type Sodexo. Nous discutons également avec le conseil départemental de l’Essonne qui a un projet de légumerie.”

Pour trouver du foncier, l’entreprise s’adresse à des agriculteurs, qui possèdent généralement des exploitations en grandes cultures et qui leur en louent une partie, ou qui envisagent de partir à la retraite. Soutenu par l’outil public Ademe Investissements, qui a pris des parts, NeoFarm a levé 30 millions d’euros l’an dernier, notamment auprès du fonds, Eurasio et voudrait déployer une trentaine de fermes de ce type en France, entre Tours et Lille.

A. T.

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