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À l’université Paris-Saclay, les liens avec Israël font débat

La présidence de l’université s’oppose au comité d’éthique qui recommande de suspendre les relations avec les universités israéliennes

À l’université Paris-Saclay, les liens avec Israël font débat © Jmex/Wikimédia Commons

Le conflit israélo-palestinien s’invite à l’université Paris-Saclay. Dans un récent avis consultatif, le Conseil pour l’éthique de la recherche et l’intégrité scientifique de l’Université Paris-Saclay Poléthis recommande de “suspendre, le temps d’un examen, les partenariats avec les universités israéliennes”, ainsi que les “invitations de représentants d’universités israéliennes”. Cette recommandation a été votée par huit des douze professeurs composant cet organe chargé de veiller aux enjeux “de l’éthique de la recherche et de l’intégrité scientifique”.

La présidence de l’université a rejeté l’idée d’un “boycott sur la base exclusive de la nationalité”.

Pour motiver sa décision, Poléthis pointe du doigt le rôle des universités israéliennes dans les opérations militaires en cours à Gaza. “Historiquement, elles ont joué un rôle actif dans le développement de systèmes d’armement et de doctrines militaires, juridiques et diplomatiques pour justifier la colonisation et l’annexion illégales des terres occupées”, peut-on lire dans l’avis publié en décembre dernier.

Le Conseil pour l’éthique de la recherche dénonce également “les programmes visant à former des ‘étudiants-soldats’ destinés à intégrer les forces armées à l’issue de leur cursus” et l’installation de certaines universités dans “les territoires occupés palestiniens, au mépris du droit international”.

Déontologie

Ce rapport n’est pas passé auprès de la présidence de l’université Paris-Saclay qui a rejeté l’idée d’un “boycott sur la base exclusive de la nationalité”. Dans un communiqué publié début février, l’établissement affirme que Poléthis a outrepassé son rôle car il n’aurait pas été saisi par la présidence pour trancher sur cette question sensible et politique. La présidence considère également que cet avis outrepasse la position du collège de déontologie de l’enseignement supérieur et de la recherche. En 2024, ce dernier a estimé qu’une “prise de position de nature politique, fondée sur des considérations telles que la situation de conflit au Proche-Orient, ne saurait justifier la remise en cause, à la seule initiative des établissements d’enseignement supérieur, de leurs relations de partenariat avec des universités ou institutions étrangères”.

B. C.

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