75 - Social

Au Conseil de Paris, Léa Filoche monte au créneau pour l’hébergement d’urgence

L’adjointe en charge des solidarités rappelle que la ville héberge 1 800 personnes, dont 700 enfants, “au-delà de ses compétences légales”

Au Conseil de Paris, Léa Filoche monte au créneau pour l’hébergement d’urgence © Jon Tyson/Usplash

À l’occasion du dernier Conseil de Paris, le 9 février, Léa Filoche, adjointe à la maire de Paris en charge des solidarités et de l’hébergement d’urgence, a interpellé les maires d’arrondissement. Ils doivent selon elle “prendre connaissance des bâtiments vacants et inoccupés sur leur territoire, les signaler au secrétaire général pour que nous puissions créer des places d’hébergement d’urgence. À Paris, il y a des lieux vides”, a-t-elle martelé.

La mairie a dû recourir à des gymnases “pour répondre à l’urgence face à l’inaction de l’État qui, contre toute logique, continue de fermer des places d’hébergement à Paris”

“Selon la Fondation contre le mal-logement, la France compte plus de 330 000 personnes SDF, trois fois plus qu’il y a quinze ans”, a souligné de son côté Nour Durand-Raucher, du groupe Les Écologistes. À Paris, la Nuit de la solidarité organisée en janvier 2025 a permis d’identifier 3 507 personnes sans solution d’hébergement. “Le ‘plan Grand Froid’ a cette année été mis en place bien tard et ne permet pas de mettre tout le monde à l’abri, a ajouté l’élu écologiste. 480 personnes dormaient encore sous les rails de la ligne 2 du métro entre Stalingrad et La Chapelle quand, le 20 janvier dernier, une opération a été menée par la préfecture.” 120 places d’hébergement ont été proposées à ces 480 personnes, dont une majorité en province.

“Nous nous opposons à l’orientation vers des sas régionaux [structures d’accueil temporaires, ndlr] non choisis et nous rappelons que l’orientation des personnes sans abri doit s’inscrire dans une logique de parcours”, a précisé le groupe écologiste dans un vœu.

De l’hébergement dans d’anciens locaux de la ville

À Paris, des Smap (sites de mises à l’abri provisoire) ont été créés dans plusieurs arrondissements. Il s’agit d’anciennes écoles, crèches, collèges, lycées ainsi que de locaux vides. La mairie a dû aussi recourir à des gymnases “pour répondre à l’urgence face à l’inaction de l’État qui, contre toute logique, continue de fermer des places d’hébergement à Paris, a pointé Léa Filoche. À ce jour, nous mettons à l’abri près de 1 800 personnes, dont 700 enfants, au-delà de nos compétences légales”. Le 9 février, le Conseil de Paris a d’ailleurs adopté une délibération visant à accorder 4 millions d’euros de subventions à deux projets de “mise à l’abri en urgence” de familles dans des gymnases mis à disposition par la ville en novembre dernier, et gérés par la Fondation de l’Armée du salut et l’association Equalis. “La réquisition des gymnases n’est satisfaisante pour personne, ni pour les publics mis à l’abri, ni pour les clubs sportifs ou les écoles, qui se retrouvent privés d’un équipement sportif, ni pour les associations qui accompagnent les personnes mises à l’abri, ni pour les services qui doivent gérer des déménagements d’un gymnase à un autre toutes les 3-4 semaines”, a rappelé Léa Filoche.

A. T.

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