Sommeil réparateur

Comment optimiser les bienfaits de la sieste ?

Tout est une question de durée

Comment optimiser les bienfaits de la sieste ? © Freepik

Winston Churchill ne jurait que par elles. Après avoir terminé un déjeuner arrosé et fumé un cigare, l’ancien Premier ministre britannique se glissait dans son lit pour faire une sieste durant l’après-midi. La dernière partie de son régime mérite peut-être d’être imitée.

Effets multiples sur la santé

Dormir pendant la journée est généralement l’apanage des travailleurs postés et des chats. Mais la science suggère que les employés de bureau peuvent également en tirer profit. Une étude randomisée contrôlée menée en 2023 a révélé que les personnes qui faisaient la sieste se réveillaient de meilleure humeur, ainsi qu’avec une vigilance et une mémoire boostées. Prendre l’habitude de faire la sieste pourrait être judicieux. Une étude réalisée en 2007 par la Harvard School of Public Health a révélé que les adultes en bonne santé qui faisaient régulièrement la sieste avaient un risque de mourir d’une maladie cardiaque inférieur de 37 % à celui des personnes qui ne faisaient pas la sieste. Une étude publiée en 2003 dans la revue ‘Sleep Health’ suggère que l’habitude de faire la sieste pourrait même prolonger votre vie en ralentissant le rythme auquel votre cerveau se réduit avec l’âge.

Une courte sieste “énergisante” d’une durée de 10 à 30 minutes, est la meilleure solution. Faire régulièrement des siestes plus longues pourrait même avoir des effets néfastes.

La bonne durée d’une “power nap”

Le timing est toutefois crucial. Les spécialistes du sommeil s’accordent généralement à dire que la “power nap”, une courte sieste “énergisante” d’une durée comprise entre 10 et 30 minutes, est la meilleure solution. Par exemple, en 1994, la NASA a découvert qu’une sieste énergisante de 26 minutes améliorait la conscience physiologique et les performances des pilotes. Si vous dormez trop longtemps, vous entrez dans des phases plus profondes d’un cycle de sommeil de 90 minutes et vous vous réveillez avec la sensation d’être groggy. Vous pouvez également avoir du mal à vous endormir le soir.

Faire régulièrement des siestes plus longues pourrait même avoir des effets néfastes. Une méta-analyse réalisée en 2016 a conclu que les siestes quotidiennes de plus d’une heure augmentaient le risque de développer un diabète et des troubles cardiovasculaires associés. Et une étude menée en 2023 auprès de 1 400 participants a mis en évidence un lien entre les siestes fréquentes et prolongées et un risque plus élevé de développer la maladie d’Alzheimer. Mettre son réveil est un geste indispensable pour les personnes soucieuses de leur santé.

Une prédisposition biologique

Certains experts du sommeil affirment que les êtres humains sont biologiquement prédisposés à faire la sieste. Ils soulignent une baisse naturelle de la vigilance l’après-midi, causée par les fluctuations du rythme circadien. Les études qui montrent que les “power nap” ne perturbent pas le sommeil nocturne renforcent également l’argument en faveur d’un sommeil quotidien fractionné en deux périodes. Dans les cultures où cette pratique est courante, les personnes qui font la sieste doivent néanmoins se reposer la nuit pendant les sept heures recommandées.

Certains optent plutôt pour des micro-siestes. Mais les recherches suggèrent que les bienfaits d’une sieste de moins de cinq minutes s’estompent rapidement.

Quelles conséquences sur la santé l’abandon par les humains du sommeil biphasique (la pratique consistant à diviser le sommeil quotidien en deux parties) a-t-il eues ?, se demande Matthew Walker, neuroscientifique, dans ‘Pourquoi nous dormons’. Beaucoup de gens reconnaissent ressentir une sensation de léthargie après le déjeuner, mais peu y cèdent. De nos jours, s’endormir en milieu de journée n’est pas toujours pratique : les travailleurs ont peu d’occasions de s’accorder une pause volontaire de conscience. Certains optent plutôt pour des micro-siestes. Mais les recherches suggèrent que les bienfaits d’une sieste de moins de cinq minutes s’estompent rapidement.

Le café est un remède populaire contre la somnolence du milieu de journée. Mais une étude publiée en 2008 a révélé que les micro-siestes étaient plus efficaces que la caféine pour améliorer la vigilance et la mémoire. Une autre étude publiée l’année dernière suggère qu’une sieste en milieu de journée pourrait même inverser les effets d’une mauvaise nuit de sommeil.

“Le repos et le sommeil en milieu de journée, écrit Churchill dans son autobiographie, rafraîchissent le corps humain bien plus qu’une longue nuit.” Les experts actuels du sommeil n’iraient peut-être pas aussi loin. Mais si vous avez le temps de faire une petite sieste à la Churchill, cela pourrait vous faire du bien. Il faudra juste de pas oublier de régler le réveil.

The Economist

© 2026 The Economist Newspaper Limited. All rights reserved. Source The Economist, traduction Le nouvel Economiste, publié sous licence. L’article en version originale : www.economist.com.

Réutiliser cet article
Cet article est une œuvre protégée. Son utilisation donne lieu à des droits d’exploitation et de rediffusion interne et externe. Nous consulter.

L'article ne possède pas encore de commentaires !