L’intercommunalité Paris Est Marne et Bois (PEMB) s’est associée à un projet d’intelligence artificielle pour mieux identifier les nuisances sonores, la pollution de l’air et les flux de circulation sur son territoire. “Nous avons adopté un plan climat-air-énergie sur cinq ans et développé une politique ‘Territoire durable et innovant’, dont le principe est de réaliser des expérimentations en lien avec les acteurs locaux. C’est la start-up Waltr, spécialiste de l’évaluation de la pollution atmosphérique et située dans l’incubateur du ministère de la Transition écologique, le Living Lab Green Tech de Saint-Mandé, qui nous a proposé d’y participer en réponse à l’appel à projet ‘Démonstrateur d’IA territorial’ du ministère de la Transition écologique”, relate Frédérique Marquet, directrice adjointe du pôle environnement, innovation et coopération internationale de PEMB.
“Amelia” – c’est le nom du projet – réunit l’université Gustave-Eiffel, l’observatoire Bruitparif et l’institut de recherche IFP Énergies nouvelles, spécialisé dans les mobilités, ainsi que quatre communes de PEMB, Vincennes, Charenton-le-Pont, Saint-Mandé et Joinville-le-Pont. “Il s’agit de développer une cartographie dynamique, c’est-à-dire au long cours, de la qualité de l’air et du bruit à partir des mobilités. Elle va être réalisée à partir d’informations qui existent déjà soit dans les villes, soit chez Bruitparif, soit dans toutes les structures institutionnelles qui existent. Toutes ces données vont être agrégées et nous allons faire travailler l’IA pour établir des scénarios”, indique la représentante de l’intercommunalité.
“Éclairer les municipalités”
Pour PEMB, ce travail pourrait permettre de développer de nouvelles politiques. “Nous sommes un territoire très dense, mais nous n’avons pas d’outils pour définir une politique territoriale pertinente sur ces sujets, indique Frédérique Marquet. Lorsque les villes auront des projets d’implantation de nouvelles routes ou d’aménagement d’un quartier, nous pourrons faire des simulations avec la cartographie, en leur indiquant ce que ces projets peuvent générer en matière de bruit ou de qualité de l’air.” Autre intérêt pour les élus : “Il est capital aujourd’hui pour les maires de pouvoir objectiver les informations qu’ils donnent à leurs habitants”, ajoute-t-elle.
“Lorsque les villes auront des projets, nous pourrons faire des simulations en leur indiquant ce que ces projets peuvent générer en matière de bruit
ou de qualité de l’air”
Pour le maire de Charenton-le-Pont, Hervé Gicquel, “tout ce qui peut conduire à éclairer la municipalité en termes de flux routiers, de transit ou de territoire, me paraît être une donnée intéressante. Cela nous permettra d’en savoir davantage sur les phénomènes de circulation en première couronne parisienne, car Charenton-le-Pont en fait partie. La ville est par ailleurs bordée par l’autoroute A4, sur laquelle circulent près de 270 000 véhicules par jour, et qui converge vers le périphérique. Tout cela crée sur mon territoire un flux de passage très significatif, avec tous les phénomènes de congestion automobile, de problématique du stationnement et de pollution atmosphérique que cela entraîne.”
A. T.