Dans le XVIIIe arrondissement de Paris, l’Union des commerçants de Château-Rouge, qui fédère quelque 300 petites boutiques, a engagé un recours devant la justice administrative contre l’arrêté préfectoral imposant un couvre-feu nocturne aux commerces du quartier. Cette mesure, en vigueur depuis février 2025, oblige ces boutiques, principalement des salons de coiffure afro, des commerces cosmétiques et des épiceries, à fermer entre 20 heures et 6 heures du matin, au nom de la lutte contre les “nuisances” et la vente à la sauvette.
Pour les commerçants, cette restriction serait “discriminatoire”, car visant seulement les commerces communautaires de la diaspora africaine.
Mais pour les commerçants, cette restriction n’est neutre ni politiquement ni économiquement : en plus de peser lourdement sur leur chiffre d’affaires, elle serait “discriminatoire”, car visant seulement les commerces communautaires de la diaspora africaine, très présente dans le quartier.
Vincent Brengarth, l’avocat de l’association, a fait valoir devant la presse qu’il existe une incohérence flagrante dans l’application de la règle : un supermarché situé à quelques dizaines de mètres de la zone concernée reste ouvert tard le soir, alors que les commerces afro ferment chaque jour sans possibilité d’ajuster leurs horaires en fonction de l’activité.
Soutien de la députée LFI de Paris Danièle Obono
Sur les réseaux sociaux, la députée de Paris Danièle Obono (LFI) a apporté son soutien explicite aux commerçants. Dans son communiqué de presse, elle affirme “refuser que l’on stigmatise des commerces parce qu’ils sont liés à des diasporas spécifiques”, tout en ajoutant : “cette mesure affecte directement la vie économique et sociale de ces quartiers, sans réponse crédible aux problèmes qu’elle prétend résoudre”.
En allant devant la justice, les commerçants espèrent obtenir l’annulation de l’arrêté et, dans l’immédiat, envisagent une procédure en référé-suspension pour faire cesser le couvre-feu. Dans ce but, l’Union des commerçants de Château-Rouge s’attelle à réunir les éléments comptables susceptibles de prouver son manque à gagner depuis cet arrêté préfectoral, qui concerne également les commerces afro du quartier de Château-d’Eau et de Strasbourg-Saint-Denis.
B. C.
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