Radiographie des taux d’administration

Emplois publics, de fortes inégalités territoriales

Leur répartition ne correspond pas aux besoins et le principe d’égalité devant le service public n’est pas respecté

Emplois publics, de fortes inégalités territoriales © Freepik

Mécomptes publics,
François Ecalle

L’Insee vient de publier le nombre d’emplois dans la fonction publique à la fin de 2024. Hors emplois aidés, ils ont augmenté de 36 000 par rapport à fin 2023, dont 21 000 dans la fonction publique d’État (FPE), 9 000 dans la fonction publique territoriale (FPT) et 7 000 dans la fonction publique hospitalière (FPH). Ils étaient ainsi 5 851 000 au total fin 2024, dont 2 584 000 dans la FPE, 2 018 000 dans la FPT et 1 249 000 dans la FPH.

Leur répartition sur le territoire correspond-elle aux besoins de la population ? On peut obtenir une première réponse à cette question en examinant les “taux d’administration”, rapports entre le nombre de fonctionnaires et le nombre d’habitants, par régions et départements. Le taux d’administration est certes un indicateur fruste de l’adéquation des emplois publics aux besoins, mais il est mesuré avec précision.

Il est en moyenne de 76 agents publics civils pour 1 000 habitants en 2023. Il est très différent d’une région à l’autre et, encore plus, d’un département à l’autre. Il est particulièrement élevé en Outre-mer (93 pour 1 000), en Ile-de-France (83) du fait des administrations centrales, et en Corse (83).

Un écart pouvant aller de 1 à 3 à l’échelon départemental

Si on met à part les régions qui présentent des taux atypiques (DOM et Corse ; Ile-de-France pour les fonctionnaires de l’État), l’écart est de 25 % entre la région la plus pourvue en fonctionnaires civils de l’État (PACA) et la moins pourvue (Pays-de-la-Loire) ; il est de 40 % entre la région la plus dotée en fonctionnaires publics locaux (PACA) et la moins dotée (Grand-Est) ; il est de 57 % entre la région la plus pourvue en fonctionnaires hospitaliers (Bourgogne-Franche-Comté) et la moins pourvue (Ile-de-France).

Le rapport entre les taux d’administration le plus fort et le plus faible par département (hors Paris) est supérieur à 2 pour 1 pour les FPE et FPT et à 3 pour 1 pour la FPH.

Les zones démographiquement dynamiques sont moins bien dotées en emplois éducatifs et hospitaliers parce que ces services s’ajustent aux évolutions démographiques avec retard.

En première analyse, la répartition des emplois publics ne semble donc pas correspondre aux besoins, et le principe d’égalité devant le service public ne paraît pas respecté.

Ces statistiques montrent également que les départements ruraux ne sont pas systématiquement défavorisés ; ils apparaissent notamment mieux pourvus en emplois publics hospitaliers que ceux de la région parisienne.

La répartition géographique des emplois des collectivités locales est marquée par un clivage nord-sud. Les huit régions avec les taux d’administration les plus élevés sont au sud.

On observe aussi que les zones démographiquement dynamiques sont relativement moins bien dotées en emplois éducatifs et hospitaliers parce que ces services publics s’ajustent aux évolutions démographiques avec retard et, symétriquement, que les zones en déclin démographique sont relativement mieux dotées.

Le site www.fipeco.fr développe les analyses de François Ecalle.

Réutiliser cet article
Cet article est une œuvre protégée. Son utilisation donne lieu à des droits d’exploitation et de rediffusion interne et externe. Nous consulter.

L'article ne possède pas encore de commentaires !