Si la prolifération des nail bars et barber shops dans votre quartier vous laisse songeur, ce livre* a été écrit pour vous. Éric Percheron, chercheur à l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques), nous initie aux techniques de blanchiment dont il maîtrise les arcanes les plus complexes. Loin d’être anecdotique, ce phénomène pèse entre 2 % et 5 % du PIB mondial, dépassant de très loin l’échelle du petit commerce local. Fort d’une documentation rigoureusement établie et de son expérience d’expert de la lutte anti-blanchiment dans le secteur bancaire, l’auteur nous guide dans ce “trou noir” financier dont il souligne les effets délétères sur l’économie réelle. Il nous raconte, avec une dose d’humour, façon ‘Tontons flingueurs’ – une distance qui ne sacrifie rien au sérieux du propos – le jeu du chat et de la souris entre criminels et autorités. Il met ainsi en lumière les failles d’une mondialisation qui donne, hélas, encore de l’avance aux escrocs. À lire de toute urgence avant que le système ne s’assombrisse encore.
Sans filtre,
Propos recueillis par Philippe Plassart
Qu’est-ce qui sépare techniquement l’argent sale de l’argent propre ?
Juste le talent du blanchisseur ! Une unité monétaire reste une unité monétaire. Tout le savoir-faire du blanchisseur, ou de l’escroc qui fait appel à un spécialiste du blanchiment, tient à sa capacité à faire passer des vessies pour des lanternes, c’est-à-dire à démontrer que son argent a une origine légitime alors qu’il provient d’une activité criminelle.
“Tout le savoir-faire du blanchisseur tient à sa capacité à démontrer que son argent a une origine légitime alors qu’il provient d’une activité criminelle”
En France, la sphère de l’argent sale est assez large. Elle englobe tous les capitaux issus d’un crime ou d’un délit passible d’une peine privative de liberté supérieure à un an, en particulier lorsque le propriétaire ne peut en justifier une origine licite. Historiquement, la cible était l’argent issu du trafic de stupéfiants. Puis le spectre s’est élargi en y ajoutant notamment le financement du terrorisme. En réalité, la lutte contre le blanchiment est un objectif intermédiaire ; le but premier est la répression du crime sous-jacent. Comment ? En augmentant le coût d’opportunité de la criminalité et en la rendant moins lucrative et plus risquée. Bref, en privant le crime de sa raison d’être.
À quelles difficultés sont confrontés les criminels dans la gestion de leur argent liquide et comment le blanchiment permet-il de les surmonter ?
Lorsqu’un trafiquant récupère en une seule journée 50 000 euros, voire 100 000 euros en espèces sur un point de deal, il se retrouve finalement fort… embarrassé. Concrètement, on peut à la fois avoir beaucoup d’argent et en avoir “trop”. Car dans la vie “normale”, le montant des transactions en cash est limité réglementairement [1 000 euros entre professionnels et entre particuliers et professionnels ; sans limitation entre particuliers, mais avec attestation au-delà de 1 500 euros, ndlr].
“Le premier souci du blanchisseur est de transformer ces liquidités en un support intermédiaire qui en facilitera la réintroduction dans le système économique classique”
Résultat : notre trafiquant n’a plus qu’à placer son argent sous son matelas ou dans un coffre-fort à la banque, ce qui en limite singulièrement les usages. Voici pourquoi le premier souci du blanchisseur est bien souvent de transformer ces liquidités en un support intermédiaire qui en facilitera la réintroduction dans le système économique classique. Finie la valise de billets ! La ligne de conduite à suivre impérativement pour blanchir intelligemment est la discrétion absolue tout au long du processus.
Le moment le plus critique ? Lorsque le criminel procède à la réinjection des sommes blanchies dans le circuit économique. Cette opération survient tôt ou tard, tant il est vrai qu’il n’y a pas de crime – sauf le crime passionnel – sans la perspective d’un profit qui en ouvre une autre : la perspective d’en jouir. C’est bien souvent ce qui perd les blanchisseurs qui se font ainsi repérer. Tous les criminels n’ont pas l’ascèse de Meyer Lansky, le père des techniques de blanchiment moderne [Meyer Lansky, connu pour avoir structuré le financement mafieux qui a transformé Vegas en capitale du casino dans les années 1940, était adepte du temps long et de la discrétion, ndlr].
Avec les cryptomonnaies, les criminels n’ont-ils pas trouvé la réponse définitive à la préservation de leur anonymat ?
S’ils le croient, c’est une très bonne nouvelle pour la lutte contre le blanchiment, car c’est exactement le contraire : il n’y a pas plus traçable que les cryptos. Celles-ci, en elles-mêmes, n’anonymisent pas puisque tout le monde peut consulter – c’est le principe – les traces au sein des blockchains sur lesquelles elles sont basées. Il est vrai que rares sont les gens qui maîtrisent cet univers, lequel passe donc largement et peut-être à tort pour sulfureux.
“Les escrocs aiment la sécurité : ils recourent désormais majoritairement aux stablecoins directement adossés au cours d’une devise réelle”
D’ailleurs, les escrocs aiment la sécurité : ils recourent désormais majoritairement aux stablecoins directement adossés au cours d’une devise réelle. Ces derniers ont l’avantage, au prix de quelques astuces pour brouiller les pistes, de permettre des transferts rapides sans que l’opérateur n’ait à répondre à trop de questions. En outre, les virements de coins ne passant pas par les banques, ils ne sont pas soumis aux diverses réglementations, ce qui constitue leur vrai avantage dans certains cas. Fait révélateur : les promoteurs de ces coins ont été à l’origine des pays mis sous sanctions tels que le Venezuela, l’Iran, la Corée du Nord ou la Russie.
Comment expliquez-vous que les blanchisseurs délaissent les circuits financiers pour investir dans des biens plus tangibles tels que les œuvres d’art, les montres ou les chevaux ?
Fondamentalement, les blanchisseurs recherchent des valeurs qui ne sont pas “normées”, c’est-à-dire des actifs qui n’ont pas de prix prédéterminé sur un marché. Alors que cent dollars resteront toujours cent dollars, une propriété sur la Côte d’Azur, un appartement de luxe à Londres, une montre Patek Philippe ou un cheval de course n’ont, eux, pas d’autre valeur que celle que l’acheteur et le vendeur sont prêts à accepter.
“Un bien immobilier est “non normé” et l’acheteur et le vendeur agissent de gré à gré. C’est une caractéristique très recherchée par les criminels”
La mécanique du blanchiment est relativement simple. Supposons un studio à Courchevel vendu à 1,5 million d’euros alors que sa valeur estimative est plus proche de 0,3 million. Cette transaction aura permis à l’acheteur de nettoyer de l’argent sale en le transformant en un titre légal de propriété et de… respectabilité. Personne n’aura pointé le fait qu’il a surpayé le prix de 1,2 million d’euros, et donc transféré cette somme au vendeur. Un bien immobilier est “non normé” et l’acheteur et le vendeur agissent de gré à gré. C’est une caractéristique très recherchée par les criminels : l’absence de prix objectif sur un marché attire le blanchisseur, qu’il s’agisse par exemple de “skins” de jeux vidéo [améliorations cosmétiques d’avatars ou équipements achetés par les joueurs, ndlr] ou de bouteilles de vin.
Les banquiers sont en première ligne de la surveillance. Leur système d’alerte fonctionne-t-il bien ?
Du point de vue du blanchisseur, la pire solution est de passer par le système financier, du fait de la quantité et de la qualité des informations remontées auprès de Tracfin. Cet organisme superviseur français dépend du ministère des Finances et fait partie, comme la DGSE ou la DGSI, du “premier cercle du Renseignement”. Les établissements financiers, forts de la connaissance de leurs clients, doivent signaler toute anomalie dans une opération ou dans un montage financier.
“Du point de vue du blanchisseur, la pire solution est de passer par le système financier”
Typiquement, si Svetlana, jeune étudiante en histoire de l’art de vingt et un ans, tente de remettre 50 000 euros en liquide un lundi matin à la caisse d’une banque, cela posera question. Inversement, si le trésorier de l’hypermarché du secteur dépose la même somme une demi-heure plus tard, cela ne suscitera pas d’interrogation, ce sera logique. C’est la ligne de partage entre le normal et l’anormal compte tenu du client, de ce qu’on pense être son comportement “classique”. La vigilance sur les transactions est grandement facilitée par l’utilisation d’algorithmes et de l’intelligence artificielle qui décèlent des opérations a priori atypiques.
Les criminels en viennent ainsi de plus en plus à utiliser de véritables sociétés de services de blanchiment. Pourquoi ?
Un vrai criminel, s’il n’est pas un abruti, cherchera à agir totalement “sous l’eau” et à éviter de se mettre en risque au moment de réinjecter son argent dans l’économie normale. Il recourt donc à des organismes spécialisés dont la finalité est le recyclage de l’argent sale. Ceux-ci prélèvent en moyenne, pour autant qu’on puisse le savoir, une commission de blanchiment autour de 20 %. C’est un taux qui n’est pas si élevé, comparable à notre TVA, et qui laisse largement sa part au criminel.
“Des organismes spécialisés prélèvent en moyenne une commission de blanchiment autour de 20 %. C’est un taux qui n’est pas si élevé, comparable à notre TVA”
Sur ce créneau, les Chinois sont les champions – cela étant dit sans stigmatiser la communauté tout entière. Les diasporas chinoises sont relativement bien réparties dans le monde entier. Elles ont historiquement des positions assez fortes dans certains pays propices au blanchiment, comme le Mexique. Autre atout : leur culture du secret et de l’entraide familiale, favorables au système de compensation, instrument de base du recyclage de l’argent sale. Leurs prestations de blanchiment sont efficaces et parfois proposées à des prix défiant toute concurrence…
Delaware, Dubaï, Luxembourg, Monaco… En dressant cette liste, vous montrez que le blanchiment n’est pas l’apanage des États faibles. Comment expliquer que ces places financières soient à ce point indifférentes à leur réputation ?
Nous évoluons dans un monde où les États se font concurrence pour attirer des capitaux, des investissements étrangers. Si vous n’avez pas grand-chose à offrir face aux pays concurrents, un bon moyen d’en attirer est de devenir ce qu’on appelle de façon erronée un “paradis fiscal”. Le fait d’offrir des conditions fiscales très avantageuses comme au Delaware, ou une discrétion partielle ou absolue sur l’identité des propriétaires ou des bénéficiaires effectifs des structures économiques, comme à Dubaï, sont deux moyens parmi d’autres d’attirer des capitaux là où, sinon, ils n’iraient jamais.
“Si vous n’avez pas grand-chose à offrir face aux pays concurrents, un bon moyen d’en attirer est de devenir ce qu’on appelle de façon erronée un “paradis fiscal”
Ces pays n’ont bien souvent pas d’autre alternative que de construire un “marketing mix” qui suscite l’intérêt des blanchisseurs. Au risque d’apparaître dans les listes grises des organisations internationales. Le jour où Monaco a été inscrit sur la liste grise du Gafi (Groupe d’action financière) en juin 2024, l’électrochoc a été si fort qu’il a été suivi très rapidement d’une remise à plat du système.
Y a-t-il une place pour la morale dans la lutte contre le blanchiment ?
Oui, définitivement. C’est pourquoi je m’intéresse à ce sujet depuis de longues années. L’argent qui disparaît dans le “trou noir” du blanchiment – estimé entre 2 et 5 % du PIB mondial – ne se contente pas de fausser le fonctionnement général des économies, il prive aussi de ressources les budgets publics. Et plus un pays est pauvre et victime de blanchiment, plus ce dernier aura un impact sur son développement. La lutte contre le blanchiment a donc une portée économique et sociale de protection des populations, et finalement des démocraties.
Extrait - Les blanchisseurs – Argent sale et cols blancs – Éric Percheron, Max Milo éditeur
Chapitre 2. Du blanchiment des capitaux… et de ses limites
(…)
2.3.3 Les cartes prépayées, cartes cadeaux du fraudeur
Nous avons évoqué la transmission d’espèces, puis le transfert d’argent, puis le transfert de valeur sans transfert d’argent via la compensation, puis une forme de finance parallèle et opaque qu’est l’Hawala. Nous sommes prêts pour aller un pas plus loin vers le précipice : abordons les cartes prépayées.
La monnaie fiduciaire (les billets) est le moyen historique de blanchir de l’argent, tant il permet une anonymisation parfaite et une absence quasi totale de traçabilité. Mais le problème majeur auquel le détenteur d’espèces est confronté, c’est avant tout que la détention d’espèces est un peu anachronique aujourd’hui, en témoigne la baisse régulière du nombre de distributeurs de billets sur le territoire, comme celle de la part des espèces dans les transactions dans les économies développées. Et en plus, on a vu plus haut que le transfert d’espèces est truffé de risques opérationnels, entre les chiens renifleurs des douanes, les voleurs de voleurs et les banquiers qui commencent à poser – à juste raison – trop de questions.
Dans le même temps, les banques limitent les montants maximums de dépôts quotidiens possibles, quand elles ne ferment pas progressivement les réseaux de guichets, derniers vestiges d’une époque révolue où on “allait à la banque” comme on allait à confesse ou au bistrot. Cette tendance à fuir l’argent liquide a accompagné les évolutions de la société, et a permis que les hold-up aient pratiquement disparu en France faute de perspective de magot à la hauteur des risques encourus.
Dès lors, les espèces se transforment : d’opportunité d’anonymat, le billet de banque devient un goulet d’étranglement, car quel intérêt de disposer d’espèces lorsqu’on ne peut ni les utiliser pour faire des achats importants, ni les déposer sur son compte ? Il devenait urgent de trouver une alternative.
La carte prépayée a un fonctionnement assez simple : elle est une représentation physique, comme une carte-cadeau, d’une valeur marchande qui y aura été “implantée”, via une puce dans les cas les plus rustiques. La carte c’est un peu une liasse de billets, sans les risques de la liasse : si vous n’avez pas le code, c’est un bout de plastique. Si vous avez le code, c’est un sésame. Pour nous, le commun des mortels en France, les cartes prépayées se résument souvent à leurs versions préchargées, valables dans un réseau de commerçants déterminé et qui font le cadeau de fin d’année idéal quand on ne sait pas quoi offrir à une personne pour laquelle on n’a pas trop envie de se creuser la tête.
En réalité, le marché est bien plus large, il aurait atteint 2 000 milliards d’USD en 2023 dans le monde. On a du mal à imaginer de tels montants pour les seules fêtes de Noël ! Les cartes prépayées sont autorisées en Europe, même si intrinsèquement on pourrait les qualifier d’aberrations dans le cadre d’une stratégie de lutte contre le blanchiment, et donc contre l’anonymat. Eh oui, il s’agit bien d’une aberration, tant il était dès le début évident que ce support de valeur allait certes accélérer l’attrition des espèces, mais au profit d’un système bien plus opaque, donc facilitateur de fraude et qui sécurisait avant tout… les aigrefins !
Alors d’accord, les montants maximums qui peuvent être chargés sur une carte prépayée sont limités en Europe, et leur délivrance suppose une connaissance du porteur un peu plus poussée que les stricts nom et prénom. Mais si on réfléchit un peu : il faut pouvoir assurer une correcte identification et une connaissance minimum du client avant de délivrer une carte prépayée. La belle affaire… Qui peut assurer que cette carte ne sera pas revendue dans les cinq minutes, à une valeur supérieure à sa valeur “portée” ? Autrement dit, si je suis un dealer qui doit se débarrasser rapidement de 3 000 €, quelle solution serait plus simple que de racheter 600 € payés en espèces des cartes chargées de 500 € ? Cinq rachats de ce type suffiraient, et croyez bien qu’on trouve très facilement des vendeurs potentiels lorsqu’il s’agit de se faire 100 € en espèces.
L’imagination n’ayant plus de limites, on a connu des dossiers de filières de cartes prépayées à caractère social qui étaient rachetées par des tiers, puis confiées à d’autres pour acquérir des biens de luxe dans les boutiques des grands boulevards parisiens. Du coup, l’État se retrouvait malgré lui sponsor d’une des magouilles les plus connues de Paris, dite “Daigou”.
Mais c’est quoi, le Daigou, puisque je vous en parle pour la seconde fois ? Dans un article parfaitement documenté, on apprend qu’il s’agit d’un marché de revente en Chine avec une plus-value conséquente de produits de luxe (souvent des sacs) acquis en Europe et souvent à Paris. Estimé en 2020 à 57 milliards de dollars dans le monde, le Daigou est un marché parallèle organisé : il a ses recruteurs, ses influenceurs, ses circuits de revente. En outre, certes il représente un manque à gagner pour les marques françaises, mais pas tant que ça : elles économisent en frais d’analyse des tendances du marché chinois, en réseau sur place et finalement dorénavant peuvent court-circuiter le Daigou par les ventes en ligne à l’international.
“Vous pouvez sans problème trouver aux États-Unis des cartes prépayées qui acceptent d’être chargées jusqu’à 15 000 dollars, sans même que la carte soit rattachée à un compte bancaire”
Au cas où vous vous seriez posé la question, oui, c’est bien de là que les files d’attente tirent leur origine dans les corners d’enseignes de luxe du boulevard Haussmann ou de la rue de Sèvres à Paris. Admirons d’ailleurs la beauté du montage : dans la mesure où les Chinois en goguette représentent une part prépondérante du business des entreprises du luxe, ces activités de commerce disposent, au terme d’un lobbying bien mené, d’une dérogation sur le paiement en espèces, qui peut atteindre 15 000 euros, contre 1 000 euros pour les Français.
Finalement, une convergence d’intérêts entre :
• la fraude sociale et le blanchiment de capitaux, puisque les cartes prépayées à vocation sociale distribuées à des populations fragiles traduisent la solidarité nationale et sont abondées par les caisses de l’État, puis revendues contre argent douteux en espèces ;
• le transfert illégal de capitaux via des supports démonétisés (des sacs à main) puisqu’il n’y a plus guère que les boutiques de luxe pour croire qu’il est normal que des Chinois arrivés en bus depuis Marne-la-Vallée achètent un sac à 10 000 euros en espèces, alors que toute personne un peu informée sur le sujet connaît parfaitement le Daigou. Et quel meilleur moyen pour transférer des espèces de France en Chine qu’en remplaçant une valise de billets par un sac sans billets ?
Certes, les réglementations françaises et européennes sont strictes en matière de montants maximums au-delà desquels une carte ne peut être rechargée. Pourtant, vous pouvez sans problème trouver aux États-Unis des cartes prépayées qui acceptent d’être chargées jusqu’à 15 000 dollars, sans même que la carte soit rattachée à un compte bancaire.
Mais pourquoi penser petit ? Allons au Belize, charmant bout de terre d’Amérique latine, frontalier du Mexique et qui semble improbablement avoir dérobé sa côte atlantique au Guatemala. Comme beaucoup d’autres, ce membre du Commonwealth a su développer une approche assez permissive en matière de LCB [lutte contre le blanchiment, ndlr], mais reste une de mes fantaisies préférées dans cette région des “Indes de l’ouest”, qui compte pourtant de belles références en la matière. Ainsi, si l’envie vous en prend, rapprochez-vous, par exemple, de la Caye International Bank. Cet établissement, qui vante l’absence de fiscalité, la stabilité institutionnelle et le secret des affaires du Belize à ses potentiels clients, vous propose des cartes prépayées pouvant être chargées avec… 250 000 dollars. Surprenant n’est-il pas ? Eh bien, justement, il n’est pas.
Nous y reviendrons lorsque nous traiterons des stratégies nationales en matière de LCB et de capacité d’attraction des investissements étrangers. Dans le présent cas, avec une carte chargée à hauteur de 250 000 dollars, vous pouvez dépenser jusqu’à 150 000 dollars par jour en boutique ou 120 000 dollars à distance…
Ces cartes préchargées sont donc, sous certaines conditions extrêmes, un outil très efficace de contournement des interdictions de transfert de capitaux entre pays, singulièrement dans le cadre d’application de programmes de sanctions économiques.
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