75 - Municipales

France Nature Environnement interpelle les candidats parisiens

La fédération parisienne leur a soumis une centaine de propositions, et publiera leurs réponses

France Nature Environnement interpelle les candidats parisiens Forêt urbaine, place de l'Hôtel de ville à Paris - © Chabe/Wikimédia Commons

Par Anne Thiriet

“Le Paris que nous voulons.” C’est ainsi que France Nature Environnement (FNE) Paris intitule son manifeste à l’adresse des candidats au fauteuil de maire de la capitale. Cette fédération d’une quarantaine d’associations et de collectifs parisiens a présenté, mi-janvier, plus d’une centaine de propositions sur dix thématiques : climat, nature, santé publique et environnementale, économie circulaire et déchets, logement, activités économiques… “Nous demandons aux candidats des réponses sur chaque thème, que nous publierons sur notre site”, indique Yves Contassot, coprésident de FNE Paris.

“Quand on ne construit pas de logement à Paris mais du bureau, on provoque des déplacements contraints qui entraînent la production de gaz à effet de serre.”

La fédération souligne les avancées réalisées dans la capitale : “Paris a pris au moins deux orientations fortes qui, à notre sens, sont les bonnes : la végétalisation de la ville et le soutien financier marqué à la rénovation énergétique du bâti existant”, indique-t-elle. Mais elle n’oublie pas les marges de progression. “À Paris, comme ailleurs, souligne Yves Contassot, il est clair qu’aucun des objectifs fixés au plan national ne sera atteint en 2050. Au rythme actuel, il nous faudra plus de quatre siècles pour réaliser la rénovation énergétique de tous les logements en France.” Il faut “changer de méthode et réfléchir au mode de financement car la ville ne peut pas tout payer”, insiste le coprésident.

Sauvegarder les parcs et jardins

Concernant la nature, la priorité est à “la sauvegarde de l’existant” pour les parcs et jardins, insiste FNE. Il faut aussi accélérer et augmenter le nombre d’espaces verts à protéger (EVP). La ressource en eau est insuffisante, comme le montre la situation de “stress hydrique dans laquelle se trouvent nombre d’arbres d’alignement” – arbres plantés de manière linéaire et régulière. La désimperméabilisation est un élément de réponse, mais ne suffit pas. “Comment faire dans le Nord-Est parisien ? Il est construit sur des carrières de gypse, qui se dissout avec l’eau. Le risque est que tout s’effondre”, martèle Yves Contassot. Selon FNE, d’autres solutions telles que les jardins de pluie, les noues, la récupération des eaux brutes, entre autres, sont à envisager.

FNE Paris s’est aussi penché sur la question de l’activité économique. “Quand on ne construit pas de logement à Paris mais du bureau, cela signifie qu’on provoque des déplacements contraints, qui entraînent évidemment la production de gaz à effet de serre”, observe Yves Contassot. Plus d’un million de salariés effectuent ainsi des transports quotidiens conséquents pour travailler dans la capitale. La nécessité est de rééquilibrer l’emploi entre Paris et la périphérie dans le grand tertiaire, et de travailler de concert sur une meilleure répartition des zones d’emploi et d’activités économiques.

Pour FNE, la priorité est d’abord de changer les règles qui régissent le Grand Paris, en mettant en place “le suffrage universel direct sur des listes métropolitaines”.

Des réflexions à l’échelle métropolitaine

Toutes les thématiques peuvent-elles être traitées uniquement au niveau parisien ? “La question du logement, des inondations, de la pollution… doivent relever de la métropole de Paris, car les territoires qu’elle recouvre forment une même zone urbaine. Il y a une cohérence d’ensemble et des problématiques communes”, insiste Yves Contassot. Pour FNE, la priorité est d’abord de changer les règles qui régissent le Grand Paris, en mettant en place “le suffrage universel direct sur des listes métropolitaines”. “Cela permettra de soumettre un projet de territoire global et cohérent au choix des habitants”, écrit la fédération, qui insiste aussi sur le développement de la solidarité entre les territoires de la métropole. “Paris se fournit en eau potable hors de son territoire et ne partage pas ‘son’ eau avec ses voisins. Il est plus que temps que la compétence ‘eau’ revienne à la Métropole.”

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