Après deux ans de procédures et de mobilisation syndicale, le tribunal administratif de Paris a finalement annulé les sanctions disciplinaires qui pesaient sur deux veilleurs de nuit du Palais Galliera – le musée de la mode de la ville de Paris. Bruno et Ibrahima, agents de sécurité au sein de Paris Musées, avaient été sanctionnés pour “violences verbales” et “refus d’obéissance hiérarchique”. Selon les agents, il ne s’agissait que d’une réaction proportionnée à des propos racistes de leur manager, les visant directement.
Paris Musées et la ville de Paris ont indiqué qu’ils ne feraient pas appel de la décision et qu’ils ne poursuivraient pas de procédure disciplinaire interne.
Suite à cette altercation qui remonte à 2023, la directrice de Paris Musées avait prononcé une exclusion temporaire de six mois, aussitôt contestée par la CGT, qui avait déposé un référé-suspension devant de tribunal administratif de Paris. La justice avait alors ordonné la réintégration des deux agents en raison du caractère “disproportionné” de la sanction disciplinaire. La ville de Paris avait ensuite prononcé une nouvelle suspension de six mois sans salaire.
Cette fois, Paris Musées et la ville de Paris ont indiqué qu’ils ne feraient pas appel de la décision et qu’ils ne poursuivraient pas de procédure disciplinaire interne. La justice a aussi contraint Paris Musées à verser aux deux agents l’intégralité des salaires non perçus durant deux ans.
Grèves de solidarités dans les services de la ville
Toute la durée de la procédure, les deux agents incriminés, soutenus par les syndicats, n’ont eu de cesse de dénoncer les propos racistes de leur supérieur hiérarchique et de clamer leur bonne foi. Leur affaire avait suscité de nombreuses réactions et donné lieu à des grèves et à des actions de solidarité au sein des services concernés.
Dans un communiqué, le Supap-FSU, le syndicat des personnels des administrations parisiennes, a salué une “victoire”, et en a profité pour revendiquer la création d’une “cellule anti discriminations raciales dans le cadre d’une délégation de service public”. En 2022, un collectif de vacataires du Musée d’art moderne, sous gestion de Paris Musées, avait également dénoncé dans une lettre ouverte un climat délétère, fait de propos homophobes et misogynes, allant jusqu’au harcèlement de certains agents.
B. C.
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