93 - Filière du réemploi

La Réserve des arts s’agrandit et s’installe à Montreuil

L’association qui redonne vie aux matériaux du secteur culturel dispose désormais de 5 000 m² de stockage

La Réserve des arts s’agrandit et s’installe à Montreuil © Réserve des arts

Par Anne Thiriet

La Réserve des arts vient de poser ses bagages à Montreuil, à deux rues de la Ressourcerie du cinéma et à proximité du futur village du réemploi. Spécialisée dans la réuti­lisation de matériaux issus du secteur culturel, l’association avait impérativement besoin de nouveaux locaux. “Le bail dont nous disposions à Pantin était un bail d’occupation temporaire. En raison du développement du projet d’écoquartier de la ZAC où nous étions situés, nous devions quitter les lieux”, explique Charlène Legendre-Dronne, la présidente. Les 5 000 m² du nouveau site – une superficie bien plus grande qu’auparavant – lui ont servi à installer des bureaux, une boutique, un entrepôt de stockage ainsi qu’un atelier de production.

“L’idée était de réduire l’empreinte environnementale des productions culturelles, que ce soit la création, l’artisanat, la mode ou le luxe”

L’association a été fondée en 2008 par deux artistes intéressées par l’écologie, Sylvie Bétard, photographe de formation, et Jeanne Grande, diplômée d’une école d’arts. “L’idée était de réduire l’empreinte environnementale des productions culturelles de grande, moyenne et petite échelle, en récupérant les rebuts des activités événementielles ou des productions des secteurs culturels privé et public, que ce soit la création, l’artisanat, la mode ou le luxe. Plutôt que d’être mis à la benne, ces rebuts peuvent être récupérés et remis en circulation auprès d’un panel d’artistes d’artisans et de créateurs”, raconte la responsable. La Réserve des arts travaille principalement sur deux types de matériaux. Il s’agit de ceux utilisés pour la scénographie – moquettes, bois, métal et éléments de confection intégrant du textile, du cuir et de la mercerie – et d’éléments de publicité sur lieux de vente composant les vitrines des magasins.

13 000 adhérents

L’association collecte et réceptionne les matériaux qu’elle valorise en vue de leur réemploi. “Nous devons anonymiser beaucoup de ces éléments qui sont soumis à une propriété intellectuelle particulière, ou enlever les sigles de marques reconnaissables. Nous les revendons ensuite dans une boutique auprès de nos plus de 13 000 adhérents, dont la moitié sont des étudiants”, indique Charlène Legendre-Dronne.

“L’association est devenue organisme de formation en 2021 pour développer les pratiques et les savoirs autour du réemploi”

Autre pôle d’activité : la formation. L’association est devenue organisme de formation en 2021 pour développer les pratiques et les savoirs autour du réemploi. Les cours portent notamment sur les types de matériaux traités à la Réserve, le reprisage, l’apprentissage autour du bois ou encore la fabrication d’une maquette avec des matériaux de réemploi, ainsi que, plus globalement, sur l’écoconception de projets culturels. “Ces formations sont destinées à des compagnies, des scénographes, des institutions, aux équipes des achats ou de la direction artistique, ainsi qu’aux services des achats ou de production de grandes entreprises de la mode et du luxe”, détaille la présidente.

“L’équivalent de 50 semi-remorques en stock”

L’un des enjeux majeurs de cette installation à Montreuil était d’assurer la pérennité de l’association. “Nous avons l’équivalent de 50 semi-remorques en stock dans notre entrepôt. Avec un tel volume, il est impossible pour nous de déménager tous les trois ans, comme c’est le cas avec la plupart des baux transitoires”, explique Charlène Legendre-Dronne. L’association dispose donc désormais d’un bail commercial classique en 3-6-9, au prix du marché.

“L’association a un budget de 2 millions d’euros par an. 70 % proviennent de l’activité commerciale de l’association, 20 % des adhésions et 10 % de subventions”

Sa stratégie est désormais d’augmenter son volume d’activité et de développer la transmission du savoir et des connaissances. “Le réemploi intéresse de plus en plus de secteurs, notamment depuis la mise en place de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC), les contraintes de reporting pour les entreprises et la volonté des pouvoirs publics de faire évoluer les clauses des marchés publics”, observe la représentante de la Réserve des arts.

L’association a un budget de 2 millions d’euros par an. 70 % proviennent de l’activité commerciale de l’association, 20 % des adhésions et 10 % de subventions publiques liées aux différents projets qu’elle mène. Elle a récemment étudié pour l’agence de la transition écologique (Ademe) la création d’une filière de réemploi associant l’univers de la mode et du luxe et celui de la muséographie. Un domaine sur lequel la Réserve des arts compte bien se positionner.

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