Le département du Val-de-Marne hausse le ton face à la ville de Paris. Sujet de tension : le projet de création d’un incinérateur sur son territoire, adopté le 17 décembre 2025 par le Conseil de Paris. Ce nouvel équipement, annoncé à Vitry-sur-Seine, vise à faciliter l’accélération du verdissement du réseau de chaleur parisien et à atteindre l’objectif fixé de 100 % d’alimentation en énergies renouvelables à l’horizon 2050.
Dans un courrier adressé mi-janvier à la maire de Paris, Olivier Capitanio, président (LR) du conseil départemental du Val-de-Marne, se dit stupéfait. “Nous avons découvert la délibération de manière fortuite sur les réseaux sociaux, précise-t-il. Que Paris veuille verdir son mode de chauffage est louable, mais la ville doit le faire sur son propre foncier. Il n’est pas acceptable qu’ils exportent leur usine de traitement et d’incinération dans le Val-de-Marne. Cela consiste à considérer, ce qui n’est pas nouveau, que le département est un territoire servant de Paris.”
Un manque de dialogue
Olivier Capitanio pointe le manque de “transparence” et de “dialogue” de la capitale, citant des précédents comme “la fermeture systématique des voiries parisiennes et la gestion du bois de Vincennes, qui se font sans concertation avec les communes riveraines”.
“Que Paris veuille verdir son mode de chauffage est louable, mais la ville doit le faire sur son propre foncier. Il n’est pas acceptable qu’ils exportent leur usine dans le Val-de-Marne.”
Le département demande à Paris la réalisation d’une étude d’impact sur le projet d’usine. Mais, quel que soit le résultat, pas question que l’établissement s’installe dans le Val-de-Marne. “Nous demandons cette étude pour savoir s’il y a des risques de nuisances en termes de santé publique, notamment de la pollution. Si c’est le cas, pourquoi construire cette usine face au collège Léon-Blum d’Alfortville ? S’il n’y a aucun risque, Paris peut installer cette usine sur son propre territoire”, argumente Olivier Capitanio. Pour appuyer sa position, le Val-de-Marne a aussi lancé, le 29 janvier, une pétition contre cette installation à Vitry-sur-Seine.
En réponse, la ville de Paris précise au ‘nouvel Économiste’ que “le projet de Vitry-sur-Seine est celui d’une centrale thermique alimentée par des combustibles solides de récupération et du bois-déchet, ce qui n’en fait pas un incinérateur. Cette centrale sera installée sur le terrain de l’ancienne centrale électrique d’EDF”. Le choix de la localisation a été fait par le groupement lauréat de l’appel à concession du réseau de chaleur. La ville de Paris ajoute que le verdissement de son réseau de chaleur “repose notamment sur la création de nouvelles installations de production d’énergies renouvelables locales, comme de la géothermie, ou encore d’unités de valorisation, comme à Vitry-sur-Seine. Les prochains mois permettront de préciser ces projets et de se concerter avec les collectivités et la population pour permettre la transition écologique du territoire et garantir la santé des habitants.”
A. T.
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