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L’assurance-vie reste le placement préféré des Français, avec des encours dépassant depuis juin le seuil symbolique des 2 000 milliards d’euros. Mais les rendements des fonds en euros, dont le capital est garanti, sont restés modestes en 2024. Il peut être tentant de se tourner vers les supports en unités de compte, investis en actions, obligations, ou actifs non cotés… Alléchants, mais plus risqués. Plusieurs mécanismes existent cependant pour limiter les pertes en cas de retournement des marchés. Avec un atout : ils se déclenchent automatiquement à partir de certains seuils ou conditions prédéfinis.
Avec des encours dépassant désormais le seuil des 2 000 milliards d’euros à la fin juin 2025, d’après les chiffres publiés par France Assureurs, l’assurance-vie reste toujours un placement incontournable chez les Français. Pourtant, selon les données communiquées par la Banque de France, l’an dernier, la revalorisation des fonds euros – les plus prisés des épargnants – proposés par les compagnies d’assurance est restée modeste, à 2,6 % en moyenne, avant prélèvements sociaux, soit un niveau proche du taux d’inflation (2 %), enregistré l’an dernier par l’Insee.
Pour tenter de protéger leur capital contre l’érosion monétaire, certains épargnants sont tentés d’orienter leur épargne vers d’autres supports d’investissement, les unités de compte (UC), même s’ils ne bénéficient pas d’une garantie en capital, à la différence du fonds en euros. Et le choix est vaste. En effet, comme le rappelle Xavier Prin, directeur marketing de BoursoBank, “avec les unités de compte, il est possible d’investir sur de nombreuses classes d’actifs, y compris la pierre-papier, le capital investissement ou encore les produits structurés afin de diversifier son épargne”.
Le jeu peut en valoir la chandelle. En effet, par exemple, l’an dernier, d’après la Banque de France, le rendement des unités de compte, pour toutes les catégories d’actifs, s’est établi au global à 9,0 %, contre 6,5 % en 2023. S’il convient de garder à l’esprit que ces supports d’investissement sont exposés à un risque de perte totale ou partielle en capital, certaines compagnies d’assurance proposent aux épargnants plusieurs mécanismes pour limiter le risque, mais aussi pour sécuriser les plus-values réalisées.
Limiter les pertes avec le “stop-loss”
La première solution envisagée pour protéger un placement en unités de compte (UC) consiste à limiter les pertes en cas de retournement brutal ou prolongé des marchés financiers. Cette stratégie repose sur le mécanisme du “stop loss”, ou seuil de déclenchement de perte. Il s’agit en quelque sorte d’un filet de sécurité automatique, conçu pour protéger l’épargne investie.
Le “stop loss”, ou seuil de déclenchement de perte, évite que les pertes ne s’aggravent en cas de poursuite de la baisse des marchés.
Certaines compagnies d’assurances proposent aujourd’hui ce dispositif dès que la perte atteint un montant prédéfini par l’assuré. Par exemple, supposons un investissement de 5 000 euros sur des supports en unités de compte, exposés aux marchés actions. On décide de définir une perte maximale tolérable de 1 000 euros. Si, au fil du temps, la valeur des UC baisse et que les pertes atteignent cette somme, le mécanisme de protection s’active automatiquement : les fonds restants (soit 4 000 euros dans cet exemple) sont alors désinvestis des supports risqués, et rebasculés vers un support sécurisé, comme le fonds en euros, garanti en capital. Ce transfert évite ainsi que les pertes ne s’aggravent en cas de poursuite de la baisse des marchés. L’un des principaux avantages de cette solution est de fonctionner sans l’intervention de l’épargnant. Mais c’est également “un gain de temps et une tranquillité d’esprit, puisque cela évite à l’assuré de devoir suivre régulièrement les évolutions des marchés”, indique Dominique Collot, directrice marketing et communication de Suravenir.
Sécuriser les gains
Une autre solution pertinente pour protéger son capital, tout en profitant des opportunités des performances des marchés financiers, consiste à sécuriser automatiquement les plus-values générées sur les unités de compte (UC). Ce mécanisme, appelé parfois “prise de bénéfices automatique” ou “sécurisation des gains”, permet de préserver les profits accumulés en cas de retournement des marchés financiers.
Concrètement, ce système repose sur un seuil de plus-value défini à l’avance par le client sur une UC, en fonction de ses objectifs, de son appétence au risque et de la stratégie d’investissement adoptée. Dès lors que les performances d’un ou plusieurs supports en unités de compte dépassent ce seuil prédéterminé, “la plus-value constatée est automatiquement transférée vers un support plus sécurisé, généralement un fonds en euros garanti en capital (ou un fonds monétaire), sans action nécessaire de la part du souscripteur”, précise Marc Boughdad, expert patrimonial chez MASCF. Par exemple, imaginons qu’un assuré ait investi une partie de son épargne sur un support en UC, en fixant une prise de bénéfices automatique dès que ce support génère 500 euros de plus-value. Une fois ce gain atteint, ces 500 euros sont désinvestis de l’unité de compte concernée, puis placés automatiquement sur un support sécurisé : fonds en euros ou unité de compte investie sur le marché monétaire. Les sommes ainsi sécurisées restent à sa disposition, et peuvent être réinvesties ultérieurement si les conditions de marché deviennent à nouveau favorables.
L’option de réallocation automatique des actifs
Enfin, pour optimiser sa stratégie patrimoniale et mettre toutes les chances de son côté, il est vivement recommandé de rééquilibrer régulièrement la répartition de ses investissements entre unités de compte et fonds en euros. Cette approche vise à maintenir une allocation d’actifs cohérente avec son profil de risque et ses objectifs à long terme. Les spécialistes parlent alors de réallocation automatique.
Se tourner vers des acteurs en ligne a pour avantage de bénéficier de tarifs plus compétitifs en matière de gestion pilotée.
En effet, au fil du temps, et en particulier lorsque les marchés financiers s’inscrivent dans une tendance haussière, les supports en UC (plus dynamiques et risqués) ont tendance à avoir une meilleure performance que le fonds en euros (plus stable et sécurisé). Cette évolution peut entraîner un déséquilibre progressif dans la répartition initiale du contrat : les unités de compte prennent alors une place de plus en plus importante dans l’épargne globale, ce qui augmente mécaniquement le niveau de risque global du portefeuille, parfois sans que l’épargnant s’en rende compte. Prenons un exemple : si vous avez initialement investi 50 % de votre capital sur des UC et 50 % sur le fonds en euros, et que les marchés boursiers montent fortement, la part des UC pourrait représenter, deux ans plus tard, 70 % de votre contrat, , voire plus, sans que vous ayez modifié quoi que ce soit à votre allocation d’actifs. Dans un tel cas de figure, le mécanisme du rééquilibrage automatique proposé par certains assureurs prend alors tout son sens, en faisant en sorte que la répartition prédéfinie par l’assuré, entre les UC et le fonds en euros soit toujours respectée et maintenue dans le temps, afin de garder un niveau de risque adapté au profil de risque de l’épargnant.
Ces options ne sont cependant pas toujours gratuites. Chez certains assureurs, des frais peuvent être perçus. Il s’agit généralement d’un pourcentage, souvent compris entre 0,5 % à 1 % du montant arbitré, ou d’un montant forfaitaire par opération réalisée. Pour les éviter, il convient de privilégier les courtiers d’assurance-vie en ligne qui proposent ces solutions souvent gratuitement.
Gestion pilotée : chercher le meilleur tarif
Se tourner vers des acteurs en ligne a également pour avantage de bénéficier de tarifs plus compétitifs en matière de gestion pilotée. Celle-ci permet aux épargnants de déléguer la gestion de leurs investissements à un expert professionnel, plus à même de maîtriser la gestion des risques qu’un investisseur particulier. En pratique, c’est une société de gestion, mandatée par l’assureur, qui investit à la place du client et “effectue les arbitrages nécessaires en adéquation avec son profil de risque”, ajoute Xavier Prin. Néanmoins, il ne s’agit pas d’une solution miraculeuse : la performance n’est pas toujours au rendez-vous et les pertes sont toujours possibles, notamment si les marchés financiers sont mal orientés.
Si faire gérer son épargne par des professionnels a un prix, il existe toujours un avantage compétitif, non négligeable, pour les contrats d’assurance-vie souscrits en ligne, qui proposent des tarifications plus attractives avec des frais réduits. Par ailleurs, il faut garder à l’esprit que chaque année, l’assuré ne perçoit qu’une fraction de la performance brute réellement réalisée. En effet, lorsqu’on additionne les frais de gestion du contrat, les frais relatifs aux unités de compte, le coût spécifique de la gestion pilotée, sans oublier les éventuels frais prélevés sur les versements, ceux appliqués lors des arbitrages effectués et les options supplémentaires sélectionnées, le rendement net peut être largement entamé. C’est la raison pour laquelle il est conseillé de suivre régulièrement l’ensemble de ces commissions. Si nécessaire, il ne faut pas hésiter à transférer son contrat au sein de la même compagnie d’assurances afin d’opter pour un produit plus avantageux, notamment un contrat moins gourmand en frais, ce qui permettra potentiellement d’améliorer significativement le rendement final perçu par l’assuré sur le long terme. En effet, si la performance est incertaine, les frais, en revanche, eux, sont certains.
Romain Thomas
La transférabilité des contrats d’assurance-vie a été rendue possible par la loi Pacte du 22 mai 2019 (relative à la croissance et à la transformation des entreprises). Le texte offre la possibilité de changer de contrat au sein d’une même compagnie tout en conservant son antériorité fiscale, c’est-à-dire sa date de souscription initiale, permettant de bénéficier d’une fiscalité allégée après huit ans de détention. Cette possibilité peut s’avérer intéressante afin de bénéficier d’un contrat plus avantageux pour l’épargnant, c’est-à-dire moins chargé en frais ou bénéficiant de meilleures performances, tout en proposant un choix plus large de supports d’investissement en unités de compte (UC), disponibles en architecture ouverte.
Cependant, dans la pratique, des freins subsistent pour effectuer une telle opération. En effet, le transfert est possible mais l’assureur n’est pas obligé de l’effectuer. Du reste, comme le rappelle l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution), “les possibilités et conditions de transformation sont entièrement définies par l’assureur”, ce qui peut conduire certains d’entre eux à mettre en place des obstacles pour en limiter le nombre. Et cela vaut également pour les contrats d’assurance-vie souscrits en ligne.
Précisons néanmoins que la compagnie d’assurance est tenue de mentionner cette option de transférabilité sur votre relevé d’information annuel (RIA), en détaillant les conditions requises pour en faire la demande. Enfin, sachez que ce mécanisme concerne tous les types de contrat, c’est-à-dire, aussi bien les contrats en euros que les contrats multisupports proposant des UC.
Les professionnels de la gestion de patrimoine, qu’il s’agisse de banquiers, de conseillers financiers ou encore d’assureurs, ont un devoir de conseil vis-à-vis de leurs clients. Cette responsabilité est encadrée par la loi. Ainsi, les conseillers financiers ont une obligation légale de conseil. Ils doivent notamment s’assurer que le produit proposé, par exemple un contrat d’assurance-vie, correspond bien au profil de son client. Pour ce faire, ils sont notamment tenus d’interroger celui-ci sur sa situation personnelle et patrimoniale (revenus, charges, dettes, âge, situation familiale, patrimoine global…), ses objectifs patrimoniaux (retraite, transmission, défiscalisation, constitution de capital, etc.), son horizon de placement (court, moyen ou long terme), ses connaissances et son expérience financières, ou encore sa tolérance au risque.
Cette obligation est définie dans le Code monétaire et financier et le Code des assurances (articles L.520-1, L.132-27-2). Et s’il ne la respecte pas, le conseiller peut être tenu pour responsable en cas de pertes. En effet, c’est à partir des informations recueillies sur son client que le conseiller financier formule une recommandation personnalisée, adaptée à son profil de risque.
Néanmoins, le client est libre de la choisir ou pas. S’il choisit de ne pas suivre la recommandation, en investissant par exemple sur des unités de compte comportant un risque de perte en capital, alors “il n’aura aucune chance d’obtenir réparation de son préjudice en justice, ce qui est somme toute compréhensible”, indique Gilles Hamadache, avocat au barreau d’Agen.
Source : France Assureurs
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