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La digitalisation des entreprises est un éternel recommencement. Lancée il y a déjà plusieurs années, elle se poursuit désormais avec la digitalisation des données et l’introduction de l’intelligence artificielle. Pour que la transformation digitale ne soit pas un frein pour les entreprises, mais leur permette de gagner en efficacité et en compétitivité, un accompagnement par des prestataires spécialisés s’impose à toutes les étapes du processus. Ces experts seront à même d’établir un diagnostic de l’écosystème informatique, mais aussi une stratégie, qui doit être acceptée tant par la direction générale que les collaborateurs.
La technologie évolue désormais à la vitesse de la lumière et impose une transition informatique quasi permanente aux entreprises. Cette transformation digitale ne peut être effectuée sans un accompagnement adéquat, tant elle touche de nombreux paramètres de l’entreprise : matériel, données mais aussi objectifs de l’entreprise en matière numérique et retombées que les évolutions peuvent avoir sur ses activités. Il est possible d’avoir recours à divers prestataires, tels que des cabinets de conseil ou d’audit IT, des consultants en transformation digitale ou encore des sociétés spécialisées dans l’informatique, les données ou l’intelligence artificielle (IA). “Nous sommes en mesure d’accompagner nos clients du conseil à la mise en application de la transition digitale, et ce dans la durée”, souligne Yves Nicolas, deputy CTO et directeur de programme IA chez Sopra Steria, qui ajoute que sa double expertise lui permet de “mettre en place des avancées technologiques, tout en incluant les nouveaux risques pour le business model de l’entreprise, notamment dus à la manière dont l’IA redéfinit les métiers et les risques géopolitiques”.
“La transformation digitale des entreprises n’est pas seulement une question de solution technique, mais aussi de solutions métiers et de données.”
Quel que soit leur choix en matière de transition digitale, les entreprises doivent en la matière avoir une approche structurée et pensée en amont. Comme l’indique Nicolas Maillard, assistant vice-president technical general manager field engineering, SEMEA chez Databricks, “la transformation digitale des entreprises n’est pas seulement une question de solution technique, mais aussi de solutions métiers et de données”. Et d’ajouter : “chez Databricks, nous mettons d’abord en place les data métiers, et ensuite les solutions technologiques”. Une fois choisi, le prestataire accompagnera la structure, de l’état des lieux à la conduite du changement en passant par la définition de la stratégie et la mise en œuvre de la transition digitale.
Indispensable diagnostic
“Avant toute transformation digitale, l’un des chantiers les plus importants est de procéder à un état des lieux de l’informatique dans l’entreprise. Il s’agit de savoir quelles sont les technologies utilisées, où sont stockées les données et comment – ce que l’on appelle ‘la visibilité des données’ –, où sont les applications, à quoi elles servent et si elles sont réellement utilisées – ce qui se traduit par le concept d’observabilité, témoigne Xavier Vasques, vice-président et CTO chez IBM Technology et R&D France. Le patrimoine informatique des entreprises est important. Les données patrimoniales peuvent avoir beaucoup de valeur. Leur visibilité et leur observabilité sont essentielles afin de pouvoir en tirer parti par la suite.”
Ce diagnostic préalable est primordial afin d’éviter certains écueils, par exemple s’apercevoir au dernier moment que les équipements ou logiciels informatiques sont obsolescents. Il permet aussi de vérifier que les données sont en sécurité, d’étudier ce qui peut être digitalisé et de quelle manière. “L’architecture informatique d’une entreprise est un point critique pour le déploiement à grande échelle d’une nouvelle technologie, telle que l’intelligence artificielle (IA)”, note Xavier Vasques.
“Digitall Conseil pose un diagnostic sur la manière de se positionner. Nous proposons d’effectuer du benchmarking, de regarder le positionnement de l’entreprise sur son marché, d’aller à la rencontre des salariés, d’étudier les outils utilisés. Il arrive que les entreprises aient une première idée de ce qu’elles souhaitent en matière de digitalisation, mais aussi qu’elles n’en aient pas ou qu’elles ne sachent pas toujours comment amorcer leur projet, témoigne Sandrine Hirigoyen, la directrice des opérations de ce cabinet conseil. Nous établissons un cahier des charges et lançons ensuite un appel d’offres auprès de divers prestataires afin d’aider l’entreprise à identifier les solutions vraiment adaptées à leurs besoins.” “La transformation digitale d’une entreprise nécessite de travailler avec divers acteurs”, confirme Xavier Vasques, qui rappelle que le fait d’avoir une triple activité – technologique, de conseil et de recherche – permet à IBM de travailler avec plusieurs partenaires. “Il est important de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, souligne-t-il. IBM prône l’hybridation et, surtout, la capacité de l’entreprise à conserver sa liberté de changer de modèle digital et d’être flexible.”
Établir une stratégie ciblée
Le passage au numérique nécessite pour les entreprises d’avoir pensé à une stratégie. Ainsi, l’intégration de l’IA ou de l’IA générative, très demandée à l’heure actuelle, n’implique pas de faire table rase du passé. Il est préférable de s’interroger sur les endroits où elle doit être mise en place et sur la meilleure manière de procéder pour optimiser l’efficacité et la compétitivité de la société. Comme l’indique avec bon sens Yves Nicolas : “il n’y a aucun intérêt à prendre un vérin hydraulique dernier cri pour casser une noix”. Il reconnaît toutefois que les demandes ont évolué : “désormais, on ne nous demande plus comment déployer l’IA au plus vite, mais comment mettre en place un module d’IA au plus vite là où cela aura le plus de bénéfices pour la société”. Nuance d’importance…
“Les experts techniques doivent collaborer avec les experts métiers pour que la transformation digitale s’effectue sans écueils.”
Par ailleurs, la direction des services informatiques (DSI) ne doit pas être la seule impliquée dans la stratégie de digitalisation. “Entreprendre une transition digitale nécessite l’implication de la direction générale, commente Sandrine Hirigoyen. Nous sommes présents pour faire comprendre aux PME/ETI les bénéfices d’une digitalisation bien pensée, par exemple en matière d’amélioration des processus métiers ou encore de gain de parts de marché, tant en France qu’à l’international.” Xavier Vasques ne dit pas autre chose : “quand un client fait appel à nos services, nous définissons une feuille de route et nous regardons là où la transformation digitale peut avoir pour conséquence le plus grand retour sur investissement (ROI), et ce qu’elle peut apporter en matière d’économies d’échelle. Nous mettrons ensuite en place un modèle hybride, là où les entreprises veulent développer leur infrastructure numérique, que ce soit dans le cloud public ou privé, ou dans l’infrastructure sur site.”
Même son de cloche chez Databricks : “nous créons des cartes de maturité, mais aussi des listes de priorités de retour sur investissement pour les entreprises que nous accompagnons”, note Nicolas Maillard. Databricks digitalise d’abord les data. “Une fois [les données] digitalisées, nous étudions avec les entreprises la manière dont elles peuvent les employer et les partager. Nous analysons aussi les risques et les opportunités de leur utilisation et comment elles peuvent rendre un processus plus efficace”, fait remarquer le directeur technique, pour qui il est important de savoir structurer les données, mais aussi de les déployer, les gouverner et de les sécuriser. “Les données peuvent être une force si elles sont bien utilisées”, souligne-t-il.
Impliquer les collaborateurs de l’entreprise
Quelle que soit la raison qui pousse l’entreprise à réaliser sa transformation digitale, celle-ci ne peut être réalisée sans l’approbation des collaborateurs. “La conduite du changement est primordiale. Sans elle, il ne peut y avoir de transformation digitale. Elle peut s’effectuer avec la mise en place d’ateliers ou encore la création de cas d’usage, en collaboration avec les salariés. L’objectif est que ces derniers adoptent la nouvelle technologie”, indique Xavier Vasques. Ce que confirme Yves Nicolas : “nous pouvons aider à la transition digitale des entreprises aussi bien d’un point de vue technique, en faisant par exemple migrer un logiciel ancien vers un autre plus récent ou en mettant en place un nouveau système, que d’un point de vue humain, en accompagnant la société dans sa conduite du changement”.
Les experts insistent sur la nécessité d’effectuer sa transition digitale d’une manière progressive. “Il importe de regarder si un processus peut être automatisé. Le plus simple est de commencer par la mise en œuvre d’un cas d’usage. Les experts techniques doivent collaborer avec les experts métiers pour que la transformation digitale s’effectue sans écueils”, explique Xavier Vasques.
Avec un diagnostic préalable, une stratégie bien pensée et une conduite du changement bien menée, cette mutation devrait être bénéfique aux entreprises. Sandrine Hirigoyen estime que, bien mise en place, elle permet aux entreprises de gagner de 20 à 30 % de productivité. Elle prévient toutefois : “sans stratégie ni conduite de changement, la transformation digitale est vouée à l’échec dans 70 % à 80 % des cas”.
Sophie Sebirot
La transition digitale peut être coûteuse pour les entreprises et nécessite des formations. Afin de soutenir les sociétés dans ce but, le gouvernement a déployé un certain nombre de sites Internet. Ainsi, le site francenum.gouv.fr est un portail gouvernemental dédié à la transformation numérique des entreprises. Il donne des guides et des conseils, ainsi qu’une liste des aides financières proposées par les régions. Un agenda des événements consacrés à la numérisation des TPE et PME est également disponible.
Par ailleurs, il est possible de se former gratuitement grâce au programme France Num. Ces formations sont destinées aux TPE et PME qui débutent dans le numérique afin de les initier à certains outils et de les sensibiliser à la transformation digitale. Elles concernent notamment la vente en ligne, le développement de la présence d’une société sur Internet, la sécurisation des données informatiques ou tout simplement la manière de démarrer sa transformation digitale. Les conditions pour bénéficier de ces formations sont indiquées sur le site France Num. Elles sont financées par France Relance. Le programme France Num, piloté par la direction générale des Entreprises, regroupe 70 partenaires, parmi lesquels les régions et nombre d’organisations professionnelles, et propose des formations gratuites au numérique pour les TPE-PME. Il associe aussi plus de 4 000 experts de la transformation numérique sur tout le territoire : les “activateurs” France Num. Le site de France Num donne le nom des groupements d’opérateurs proposant des formations.
Les entreprises peuvent aussi visiter le site internet aides-entreprises.fr, qui recense les aides financières existantes en matière de transformation digitale, notamment celles proposées par les collectivités territoriales. Enfin, sur le site conseillers-entreprises.service-public.fr, les sociétés peuvent être mises en relation avec les conseillers publics ou parapublics susceptibles de les accompagner pour développer leur activité sur Internet.
Convaincu que l’intelligence artificielle (IA) est un levier de compétitivité, le gouvernement a lancé le plan national Osez l’IA le 1er juillet dernier. Ce programme vise à accélérer la diffusion de l’IA dans toutes les entreprises françaises, et plus particulièrement dans les PME et ETI. Parmi ces dernières, seules 13 % utilisent l’IA, selon le gouvernement. Osez l’IA a pour ambition de rendre l’outil accessible, concret et utile pour toutes les sociétés, quel que soit leur domaine d’activité, d’ici à 2030. L’objectif est que l’IA soit utilisée dans 50 % des TPE contre 8 % aujourd’hui ; dans 80 % des PME/ETI (contre 13 %), et dans 100 % des grands groupes (contre 53 %).
Ce plan national comprend trois axes : la sensibilisation, la formation et l’accompagnement des entreprises. La sensibilisation s’effectuera grâce à la mobilisation d’un réseau de 300 ambassadeurs de l’IA, qui expliqueront comment cette technologie peut améliorer les activités des entreprises. Des réunions seront organisées tous les mois dans toute la France, en coopération avec les chambres de commerce et d’industrie (CCI) et Bpifrance, afin de rapprocher les entreprises et les sociétés porteuses de solutions d’IA. Une journée “AI Business Day” rassemblera chaque année l’écosystème IA français pour encourager la collaboration, l’échange et l’expérimentation. Un dialogue national est prévu en octobre 2025.
D’ici à la fin de cette année, une académie de l’IA devrait être lancée. Elle prendra la forme d’une plateforme accessible à tous. Elle rassemblera des formations et des tutoriels adaptés en fonction du public (apprentis, demandeurs d’emploi, salariés ou dirigeants) et de la taille des entreprises. Le but est de former 15 millions de professionnels d’ici à 2030. Un accompagnement des entreprises est prévu pour effectuer des diagnostics, identifier les solutions IA les plus pertinentes, voire les cofinancer. Un plan d’accompagnement de 200 millions d’euros est prévu pour ce faire.
• Cette perception s’élève jusqu’à 85 % dans les seules PME.
• 79 % des TPE/PME ont effectué des dépenses en faveur du numérique en 2023.
Source : ‘Baromètre France Num’ (2024)
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