77 - Cantines scolaires

Mercosur : la Seine-et-Marne mise sur le local et défie Bruxelles

Le président du département vient de demander à ses fournisseurs de bannir les produits provenant d’Amérique du Sud

Mercosur : la Seine-et-Marne mise sur le local et défie Bruxelles Approv’halles approvisionne les cantines des collèges du département en produits locaux - © Thomas Gaillard/Département 77

Jean-François Parigi contre Ursula von der Leyen… Dans un récent courrier adressé à ses fournisseurs, le patron du département de Seine-et-Marne a demandé qu’aucun “produit alimentaire ne provienne du Brésil et d’Amérique du Sud, en opposition à l’accord de libre-échange du Mercosur et en soutien à toutes les filières agricoles”. Depuis 2024, les collégiens du département consomment essentiellement des produits locaux, collectés, transformés et distribués par la société publique locale Approv’halles, créée par le département et la région Ile-de-France.

Symbolique, le courrier signé par le département envoie un signal politique fort, dans un territoire marqué par les mobilisations agricoles.

Chaque année, plus de 50 000 demi-pensionnaires fréquentent les restaurants scolaires des collèges publics du département. Dans ce cadre, environ 100 tonnes de viande bovine et ovine française sont servies, en remplacement de la viande importée. Les menus comprennent également des fruits, des légumes et des produits laitiers de producteurs locaux ou régionaux. La plateforme installée à Provins transforme, conditionne et livre fruits, légumes, volailles et produits laitiers aux 122 collèges du département. Les frites sont confectionnées avec des pommes de terre cultivées dans un rayon de 10 kilomètres, la volaille est transformée sur place.

Forte mobilisation des agriculteurs

Symbolique, le courrier signé par le département envoie un signal politique fort, dans un territoire marqué par les mobilisations agricoles de ces derniers mois. Depuis décembre, les agriculteurs ont multiplié les opérations escargot sur les routes de Seine-et-Marne. Ils se sont rassemblés début janvier devant le siège de la direction départementale des territoires (DDT) afin de réclamer une hausse du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et de dénoncer la baisse des budgets de la politique agricole commune (PAC).

B. C.

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