Le département des Yvelines a obtenu un premier feu vert pour ses projets de villages pour mineurs isolés (ou mineurs non accompagnés), lancés au printemps. La préfecture du département a publié le 12 août un arrêté lui accordant un permis de construire pour celui de Mantes-la-Jolie, pour une durée de dix ans. Concrètement, il s’agit de l’installation de 22 bâtiments modulaires, fabriqués en bois et en métal, dans la cour de l’ancien collège André-Chénier, une propriété départementale fermée depuis juillet 2021, en plein cœur du quartier du Val-Fourré. Le département a fixé la capacité de chaque pavillon à quatre places, et 14 places, dont six pour personnes à mobilité réduite, seront créées dans les bâtiments du collège, qui seront rénovés. Au total, 102 places sont donc prévues.
La capacité d’accueil à saturation
L’arrêté préfectoral précise que ce projet “répond à une nécessité d’ordre public de mettre à l’abri un public vulnérable, nécessité trouvant sa justification dans la primauté reconnue au principe fondamental qu’est l’intérêt supérieur de l’enfant”. Ils soulignent également “la saturation de la capacité d’accueil des structures existantes dans le département”, corrélée “au nombre important de mineurs non accompagnés sur le territoire” et à l’urgence “de disposer de places d’hébergement supplémentaires pour les accueillir dignement”. Le placement de ces mineurs dans des structures hôtelières est en effet proscrit.
La préfecture observe par ailleurs que ces structures modulaires sont démontables et que leur installation temporaire dans la cour d’un collège désaffecté “ne porte pas atteinte à la qualité de l’environnement”.
L’arrêté préfectoral précise que ce projet “répond à une nécessité d’ordre public de mettre à l’abri un public vulnérable”.
Avec ce projet de villages, le département veut répondre à son obligation de prendre en charge ces mineurs qui ne sont pas accompagnés d’un parent titulaire de l’autorité parentale ou d’un représentant légal. Pour les accueillir dans de bonnes conditions, la collectivité a décidé de créer une dizaine de structures ou de villages sur des terrains dont elle est propriétaire, avait expliqué Sandra Lavantureux, directrice générale adjointe du service Enfance, familles et santé du département au ‘nouvel Économiste’, en mars dernier. Le modèle est celui lancé par l’association SOS Villages d’enfants, qui accueille des enfants confiés par l’Aide sociale à l’enfance. “Nous voulons proposer aux mineurs non accompagnés un accueil qui ressemble à la vraie vie”, a ajouté la représentante du département.
Sur le site choisi, les mineurs seront encadrés par des équipes éducatives. Des espaces verts et des équipements éducatifs sont prévus. L’ouverture est prévue pour mai 2026.
La décision de la préfecture peut encore faire l’objet d’un recours contentieux devant le tribunal administratif, dans un délai de deux mois. Au printemps, plusieurs élus s’étaient élevés contre ces projets. Le maire de Mantes-la-Jolie Raphaël Cognet estimait notamment que cette implantation “dans un quartier déjà fragile”, serait “ajouter une difficulté supplémentaire à un territoire qui en a déjà trop”. À Chapet, commune concernée par un projet de même type, le maire Benoît de Laurens estimait que “la ville devait prendre sa part”, comme il l’avait déclaré à France 3 Régions, mais doutait de la capacité de ces villages à favoriser l’intégration des jeunes dans la commune.
A. T.
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