La ville de Palaiseau a ouvert fin juin une maison médicale pluridisciplinaire. “Nous manquions vraiment de professionnels de santé. Notre classement par l’Agence régionale de santé (ARS) en ‘zone d’action complémentaire’ [en raison du manque d’offre de soins, ndlr] nous a permis d’engager des actions”, indique Grégoire de Lasteyrie, maire de cette commune de 35 000 habitants. Dix cabinets ont été ouverts, dont neuf pour des praticiens et un destiné à un étudiant en médecine. Aujourd’hui, la maison accueille trois médecins généralistes – bientôt quatre –, deux kinésithérapeutes, deux gynécologues, un orthophoniste et un psychologue. “Pour recruter les médecins, nous avons fait appel à l’Union régionale des professionnels de santé. Nous avons également travaillé avec l’agence régionale de santé. Les médecins se sont fédérés pour pouvoir monter le projet”, poursuit l’élu. L’installation du nouvel hôpital de Paris-Saclay, qui a ouvert ses portes il y a un peu plus d’un an à Orsay, à la frontière de la commune de Palaiseau, a aussi été un facteur d’attractivité pour les professionnels de santé.
La mairie est propriétaire des locaux qu’elle a rachetés à la caisse primaire d’assurance maladie.
La mairie est propriétaire des locaux qu’elle a rachetés à la caisse primaire d’assurance maladie. Les professionnels de santé, qui ne sont pas salariés mais ont conservé un statut d’indépendant, lui reversent un loyer. L’investissement total (qui comprend les travaux) se monte à 2,5 millions d’euros et a été financé par la commune (1,3 million d’euros) et à hauteur d’1,2 million par le département, l’État, l’agglomération et la région.
Les besoins sont très importants, note le maire : “nous entendons réfléchir à d’autres projets pour continuer à attirer des professionnels de santé sur la commune. En 2022, il y avait 11 médecins généralistes dans la commune. À moyen terme, sept prévoient de cesser leur activité”.
Un médicobus dans les quartiers
La ville a engagé un plan santé à plusieurs volets. “Nous avons également décidé de faciliter l’installation d’étudiants en médecine en mettant en place une bourse pendant la durée de leur internat. La condition est qu’ils s’installent durant trois ans a minimum dans la ville, dans l’année suivant la fin de l’internat”, précise le maire.
Palaiseau a également mis en place, depuis un an, un médicobus. Équipé de matériel médical, le véhicule se déplace dans les différents quartiers de la ville. Un infirmier y accueille les patients et les met en relation avec un médecin par téléconsultation. “Les gens apprécient notamment le fait que ce bus soit physiquement présent dans leur quartier, observe Grégoire de Lasteyrie. Il permet de toucher certains publics peu mobiles.”
A. T.
La stratégie de l'Essonne face au manque de généralistes et d'Ehpad
Un bus santé prévention pour faciliter l’accès aux soins
Bataille de chiffres autour du futur hôpital Paris-Saclay
Dans l'Essonne, un bus itinérant rapproche les usagers des administrations
Et Palaiseau devint plus verte