Course aux capitaux

Strava compte sur une IPO pour devancer ses concurrents

L’application gratuite de running a besoin d’un coup de pouce financier pour développer son offre de coaching

Strava compte sur une IPO pour devancer ses concurrents © Freepik

C’est maintenant que beaucoup de ceux qui avaient pris la résolution, le 31 décembre, de changer leurs habitudes sédentaires commencent à revoir leurs ambitions à la baisse. Mais pour Strava, une application de fitness très populaire, l’année 2026 démarre sur les chapeaux de roues. En janvier, des informations ont révélé que la société avait déposé une demande confidentielle d’introduction en bourse et engagé des banquiers spécialisés dans l’investissement pour la guider dans ce processus.

Le running transformé en activité sociale

Évaluée à 2,2 milliards de dollars (1,9 milliard d’euros) l’année dernière, Strava a connu une croissance fulgurante depuis le début de la pandémie, lorsque les populations, lassées à l’extrême par le confinement, se sont tournées vers la course à pied pour remédier à leur ennui. L’application, fondée en 2009 et initialement axée sur le cyclisme, a déclaré le mois dernier qu’elle comptait plus de 180 millions d’utilisateurs, contre 135 millions un an auparavant et seulement 48 millions en 2019. Quant au volet financier, bien que l’entreprise se garde généralement de tout commentaire sur le sujet, l’ancien directeur a déclaré en 2020 qu’elle était rentable.

Le succès de Strava est d’autant plus remarquable qu’elle doit rivaliser avec des applications de concurrents aux moyens financiers considérables, tels qu’Apple et Nike.

Le succès de Strava est d’autant plus remarquable qu’elle se positionne dans un secteur très concurrentiel, où elle doit rivaliser avec des applications développées par des concurrents aux moyens financiers considérables, tels qu’Apple, le fabricant de l’iPhone, et Nike, la plus grande marque mondiale de vêtements de sport. Elle a réussi à s’imposer en transformant l’exercice physique individuel en une activité sociale. Les utilisateurs peuvent suivre et mettre des “kudos” [des équivalents de “like” sur les réseaux sociaux, ndt] à leurs partenaires de running et des célébrités du secteur du fitness, qui peuvent publier leurs activités sur l’application. Ils peuvent également l’utiliser pour découvrir les itinéraires populaires dans une région (ce qui a fait polémique en 2018 lorsque ces “heatmaps” [carte mondiale des activités, ndt] ont révélé des informations sur la localisation des bases militaires américaines à travers le monde).

Convertir en abonnés les utilisateurs gratuits

Tout cela a été rendu possible grâce à l’importance accordée à la collecte de données. Strava fonctionne sur la plupart des smartphones et des montres connectées, qui peuvent surveiller la fréquence cardiaque de l’utilisateur et bien plus encore. Les utilisateurs peuvent ainsi suivre non seulement leurs temps globaux, mais aussi leurs performances, par exemple lorsqu’ils courent dans une côte raide.

Strava doit convaincre plus de personnes de passer à un abonnement payant : la proportion d’utilisateurs sautant le pas est inférieure à 10 %.

Strava doit maintenant convaincre plus de personnes de passer à un abonnement payant. Bien que beaucoup utilisent fréquemment l’application, peu sont prêtes à mettre la main à la poche. La société n’a pas divulgué la proportion d’utilisateurs sautant le pas, mais elle est probablement inférieure à 10 %. C’est pourquoi, au cours des dernières années, elle a intégré à son application des fonctionnalités de coaching automatisées, qui peuvent analyser les performances physiques d’un utilisateur et lui donner des conseils.

À recherche de capitaux

L’année dernière, Strava a racheté deux petites applications d’entraînement sportif qui avaient développé de telles fonctionnalités. Pour Michael Martin, son directeur, une introduction en bourse permettrait “d’accéder facilement à des capitaux” pour réaliser d’éventuelles “acquisitions plus importantes”. Obtenir un tel financement auprès de capital-risqueurs obsédés par l’intelligence artificielle pourrait en effet s’avérer difficile. Selon Crunchbase, un fournisseur de données, les investissements mondiaux en capital-risque dans les start-up du secteur du fitness ont chuté de quatre cinquièmes l’année dernière par rapport au pic de plus de 6 milliards de dollars [5 milliards d’euros, ndt] atteint en 2021. Une introduction en bourse offre une bonne alternative et devrait aider Strava à rester sur la plus haute marche du podium.

The Economist

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