75 - Immobilier

Tech, luxe et finance, moteurs du marché des bureaux à Paris

Malgré le recul des investissements en Ile-de-France, la capitale continue d’attirer les grandes entreprises

Tech, luxe et finance, moteurs du marché des bureaux à Paris © Eloi Motte/Pexels

Paris continue de séduire. C’est l’un des constats que l’on peut tirer de l’étude sur le segment des bureaux du cabinet de conseil en immobilier commercial Newmark, qui a décidé d’analyser le marché de l’immobilier dans son ensemble à l’occasion des municipales. Les investissements ont chuté de près 60 % entre les périodes 2014-2019 et 2020-2025. Malgré ce recul, la part de Paris dans les investissements franciliens est passée de 40 % environ avant 2020 à un point haut de 81 % en 2025.

L’enjeu, après les élections, sera de préserver l’attractivité et le rang international de Paris tout en garantissant la diversité de son tissu économique et social, indique le cabinet d’étude.

La capitale se distingue plus particulièrement sur le segment des grandes surfaces. Entre les périodes 2014-2019 et 2020-2025, la taille moyenne des surfaces supérieures à 5 000 m² prises à bail est restée stable dans Paris et a même progressé de 6 % dans le quartier central des affaires (QCA), tandis qu’elle a reculé partout ailleurs en Ile-de-France. “Certains facteurs structurels ont joué, comme le covid et le télétravail qui ont renforcé le besoin de centralité des entreprises”, note David Bourla, l’un des auteurs de l’étude.

Dans le quartier central des affaires, l’effet Brexit

Dans le QCA, les secteurs moteurs restent le luxe (29 grandes transactions depuis 2014) et la finance, qui “a bénéficié de l’effet Brexit (33 grandes transactions)”, selon l’étude. La banque britannique Barclays a par exemple annoncé le transfert de son siège européen de Dublin à Paris en 2027.

“On observe quand même depuis quelques mois une tendance à un desserrement de la demande au profit d’autres quartiers parisiens, comme le centre-est, ajoute l’auteur. Elle est aussi liée à un développement de la qualité de l’offre, qui répond à la volonté des entreprises de disposer d’immeubles techniquement très haut de gamme, neufs et qui respectent les normes environnementales, un facteur de plus en plus important.” Danone a installé, en septembre, son nouveau siège dans le IXe arrondissement, Hermès a pris pied rue de Charonne (XIe également) dans un ancien bâtiment de la RATP. Autres exemples : Mistral AI va occuper 25 000 m² structurés dans le XVIIIe arrondissement et l’OCDE quitte Boulogne pour le XVe arrondissement. “Aujourd’hui, iI ne s’agit pas de construire plus de mètres carrés de bureaux, mais d’offrir des conditions d’accueil optimales aux entreprises”, observe David Bourla.

L’enjeu, après les élections, sera de préserver l’attractivité et le rang international de Paris tout en garantissant la diversité de son tissu économique et social, indique le cabinet d’étude. Si l’action municipale n’est pas directe, elle peut être déterminante. “Les politiques de transport (trajets domicile-travail, accessibilité pour les clients), de logement (facilités de recrutement) mais aussi de sécurité et de qualité des aménités urbaines (restauration, équipements, cadre de vie, image de l’entreprise) parti­cipent ainsi à l’attractivité”, rappelle Newmark.

A. T.

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