Mécomptes publics,
François Ecalle
À la fin de 2024, les effectifs de la fonction publique territoriale étaient de 2 018 000, dont 70 % de fonctionnaires au sens strict et 26 % de contractuels (4 % d’agents ont d’autres statuts).
Ils ont augmenté de 47 % depuis 1997 (+ 597 000) sans même compter les emplois transférés par l’État en contrepartie de transferts de compétences. Sur la même période, la croissance des effectifs de la fonction publique d’État a été seulement de 8 % (+ 205 000) si on leur ajoute les emplois transférés aux collectivités locales. La croissance de l’emploi dans les collectivités locales a été bien plus forte que celle de la population (15 %), de l’emploi total (28 %) ou encore du nombre de personnes ayant un emploi (23 %).
Il est beaucoup plus justifié de chercher à réduire les effectifs de la fonction publique territoriale, particulièrement ceux du bloc communal, que ceux des services de l’État ou de ses “agences”.
Cette hausse des effectifs de la fonction publique territoriale a été particulièrement forte dans les années 1997 à 2013 (+ 39 %). La réduction d’une douzaine de milliards d’euros des dotations de l’État aux collectivités locales pendant le quinquennat de François Hollande a eu pour conséquence une baisse de ces effectifs en 2015 et 2016, très légère certes (- 0,3 %) mais tranchant avec l’évolution des années antérieures.
De 2016 à 2024, l’emploi public local a repris sa progression, mais avec un taux de 5,4 % (soit + 94 000) plus modéré que dans les années 2000. Cette croissance a été de 5,0 % (+ 72 000) dans le bloc communal (communes et organismes intercommunaux).
Au sein de ce bloc communal, on observe une baisse des effectifs dans les communes (- 24 000) et une hausse dans les intercommunalités (+ 90 000) de 2016 à 2023 (les effectifs de 2024 ne sont pas encore connus). Fin 2023, il y avait 1 526 000 agents dans le bloc communal, dont 1 134 000 dans les communes et 392 000 dans les intercommunalités. Les dépenses de personnel associées s’élevaient à 57 Mds€.
Opposition des élus, tous partis confondus
Les économies nécessaires pour reprendre le contrôle de la dette publique sont considérables, même si une hausse mesurée des prélèvements obligatoires est envisageable, et une partie d’entre elles devra être trouvée dans une diminution des effectifs de la fonction publique. Il est beaucoup plus justifié de chercher à réduire les effectifs de la fonction publique territoriale, plus particulièrement ceux du bloc communal, que ceux des services de l’État ou de ses “agences”.
Comme les collectivités locales sont autonomes et libres de leurs recrutements, il faudra un jour ou l’autre que l’État réduise les ressources qu’il leur apporte pour les obliger à dégager des économies, comme il l’a déjà fait sous le quinquennat de François Hollande, mais presque tous les élus locaux, tous partis confondus, s’y opposent aujourd’hui fermement.
Ils mettent en avant les nombreux besoins de services publics locaux non satisfaits, mais ces besoins sont illimités alors que les ressources publiques, impôts ou emprunts, ne peuvent pas augmenter indéfiniment. Il faut donc définir des priorités et faire des choix.
Le site www.fipeco.fr développe les analyses de François Ecalle.