75 - Dérèglement climatique

Une étude confirme le rôle protecteur de la verdure parisienne

Selon l’Inserm et ses partenaires, c’est dans les arrondissements les plus verts que le risque de décès liés à la canicule est le plus faible

Une étude confirme le rôle protecteur de la verdure parisienne Le centre de Paris est le plus exposé à l’effet d’îlot de chaleur - © Freepik

Quels sont les risques de décès liés à la forte chaleur à Paris ? Tout dépend des arrondissements et de leur degré de végétalisation. C’est le constat fait par une équipe de recherche internationale, composée de l’Inserm, du Barcelona Institute for Global Health (ISGlobal) et de la London School of Hygiene & Tropical Medicine. Les scientifiques ont compilé, dans une étude publiée le 27 janvier dernier, les données de surmortalité liées à la chaleur entre 2008 et 2017 et les ont croisées avec les caractéristiques du bâti et de l’environnement urbain (végétation, îlots de chaleur) et avec des indicateurs socio-économiques. Le but : mieux comprendre les facteurs de risque et identifier des solutions.

“Contrairement aux idées reçues, les arrondissements les plus aisés de Paris sont, en moyenne, plus vulnérables à une surmortalité liée aux fortes chaleurs.”

Globalement, la capitale est particulièrement exposée aux périodes de canicule en raison de sa densité et de l’effet d’îlot de chaleur urbain. Un phénomène qui va s’intensifier dans les années à venir à cause du dérèglement climatique. Mais il ne va pas se remarquer de la même manière dans tous les secteurs. L’étude pointe ainsi de fortes inégalités : plus que le niveau socio-économique des habitants, ce sont l’âge et les caractéristiques des bâtiments (ceux construits avant les années 1970 étant moins bien isolés), ainsi que la présence d’espaces verts, qui déterminent le risque d’enregistrer davantage de décès en période de forte chaleur.

Un cinquième d’espaces verts, la bonne proportion

Les arrondissements les plus végétalisés sont ceux où le risque de décès lié à la chaleur est le plus faible. À l’inverse, les zones les plus minéralisées, pauvres en espaces verts, présentent une vulnérabilité accrue. “Cette réalité statistique met en lumière une fracture nette entre le centre de la capitale, davantage soumis à l’effet d’îlot de chaleur urbain, et les arrondissements périphériques, mieux protégés par leurs espaces verts”, souligne Hicham Achebak, chercheur à l’Inserm, dans le communiqué de l’Institut.

Autre constat : “contrairement aux idées reçues, les arrondissements les plus aisés de Paris sont, en moyenne, plus vulnérables à une surmortalité liée aux fortes chaleurs. Ce phénomène s’explique par une faible présence d’espaces verts, combinée à un bâti ancien dense et minéral dans ces quartiers”, poursuit le spécialiste.

Une des solutions : renforcer la végétalisation. Selon une estimation menée par les chercheurs, si tous les arrondissements comptaient un cinquième d’espaces végétalisés, la mortalité liée à la chaleur pourrait diminuer d’environ un tiers, que ce soit lors de périodes de chaleur modérée (températures supérieures à 22 °C) ou lors des canicules les plus intenses (au-delà de 25 °C). Parmi les leviers, l’étude évoque aussi le recours à des matériaux réfléchissants pour les toitures et les chaussées, l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments afin de limiter les rejets de chaleur (notamment liés à la climatisation) et la réduction du trafic automobile.

A. T.

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